Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 juin 2022 – 1 Rois 19, 9a.11-16
J’avoue que j’ai un petit faible pour la première lecture qui nous raconte un épisode de l’histoire d’Élie.
Il avait lutté pour l’éternel. Il espérait ramener à Dieu le peuple d’Israël mais il a lamentablement échoué.
L’œuvre commencée par Dieu avec Moïse a été réduite à néant. Et comme si ce n’était pas assez sa vie est menacée par le roi Achab et son épouse, Jézabel, une étrangère vicieuse et malfaisante qui incite le roi et le peuple à se détourner du Seigneur. Élie doit s’enfuir.
Il marcha pendant 40 jours et 40 nuits. Il entra dans une caverne pour y passer la nuit. Alors il entend une voix qui lui dit : « sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan si violent qu’il fendait les montagnes et fracassait les rochers. Mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan. Puis il y eut un tremblement de terre. Mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre. Après cela, il y eut un feu mais le Seigneur n’était pas dans le feu. C’est le même spectacle que Moïse des siècles auparavant. C’était une démonstration impressionnante de Dieu. C’était la foi d’Élie à ce moment-là. Il aurait sans doute préféré que Dieu se révèle ainsi à Achab et à Jézabel, qu’il se révèle comme un ouragan, un tremblement de terre ou un feu.
« Et après le feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage… » Le Seigneur se présente dans le murmure d’une brise légère. C’était une révélation de Dieu complètement nouvelle pour Élie. C’est la manière favorite que Dieu a pour se révéler, se faire connaître. Il préfère le bruissement doux et léger qui évoque sa bonté envers ceux qui respectent son alliance. Dieu enseigne aussi que le plus souvent, il agit dans l’histoire d’une manière discrète et non pas par des actes puissants.
Je me suis toujours souvenu d’un écrit qui racontait l’histoire d’un cardinal qui écrivait : « Un jour, je me trouvais à Calcutta, et je vis une des sœurs missionnaires de Mère Teresa qui passait une main délicate sur le front d’un Indien en train de mourir. Cette caresse, croyez-moi, avait la légèreté de la brise, et je peux vous assurer que, dans cette brise légère, ce jour-là, je vis Dieu. Nous étions loin des ouragans de la puissance et des richesses. »
Ne cherchons pas le Seigneur dans l’ouragan, le tremblement de terre ou le feu, mais dans la brise légère, dans le silence.
Je dirais même soyons à son image en étant pour ceux qui nous entourent comme « une brise légère » dans nos gestes et dans nos paroles.
