Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 juin 2020 – Ceux qui pleurent
Dieu n’aime pas la souffrance. Il n’est ni sadique ni masochiste. Comment se comporte-t-il donc devant la souffrance des hommes ? Regardons comment s’est comporté Jésus de Nazareth, le visage humain de Dieu lui-même.
Jésus a pleuré lui aussi en regardant Jérusalem :
« Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! » (Mt 23,17)
Il a pleuré aussi lors de la mort de son ami Lazare.
« Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé » (Jn 11,23)
HEUREUX CEUX QUI PLEURENT
Il lutte contre la souffrance et contre toutes les formes du mal. Il guérit les malades ; il nourrit ceux qui ont faim ; il accueille les gens en détresse. Et par tout son comportement, il nous dit : « Devant la souffrance de quelqu’un, il y a toujours quelque chose à faire : à le soigner quand il est malade, à la visiter quand il est en prison, à le vêtir quand il n’a rien à se mettre sur le dos, à le consoler quand il pleure. » C’est justement à cela, dit-il, que nous serons jugés à la fin de notre vie : à l’amour concret que nous aurons manifesté à notre prochain souffrant, au verre d’eau, au morceau de pain ou à l’obole que nous aurons su lui donner quand il était dans le besoin.
Jésus ne fait pas de discours sur la souffrance, il ne cherche pas à l’expliquer : il la prend sur ses épaules et il meurt sur la croix, parce que, dit-il, « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Aussi est-il très proche de celui qui pleure, ce celui qui souffre : « Venez à moi vous tous qui ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. »
Et en se levant du tombeau après sa mort, il nous donne l’assurance que toute passion débouche sur la résurrection, que toute mort éclatera en vie éternelle. Il ouvre à tout homme la porte de cette Maison du Père où « Il n’y aura plus ni pleurs ni souffrance, car Dieu lui-même essuiera toute larme des yeux de ses enfants. »
« Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. » (Apo 21,4)
« Consoler ceux qui pleurent » relève aussi de notre responsabilité, car Dieu n’a pas de mains pour essuyer les larmes des hommes, de cœur pour aimer, de paroles pour consoler : il n’a que nos mains, notre cœur, nos propres paroles.
