Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 février 2023 – Marc 7, 31-37
« Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui. »
Il n’y a pas à dire, c’est un homme qui est seul, qui n’est plus capable de communiquer avec les autres alors que nous sommes des êtres de communications.
Je ne pense pas que Saint Marc ait voulu nous raconter un beau miracle de Jésus, nous dire comment un jour, il avait guéri un sourd-muet. L’Église l’a toujours compris parce que, pendant des siècles, on reprenait ces gestes de Jésus en célébrant les baptêmes. Ce sourd-muet est un portrait de notre humanité. Nous sommes sourds et aveugles. Nous vivons repliés sur nous-mêmes, emmurés dans notre solitude, incapables de communiquer vraiment, ni avec Dieu, ni avec les autres.
C’est clair que Jésus vient pour guérir et recréer toute l’humanité, ce n’est pas pour rien qu’il se trouve en plein territoire païen. C’est clair que c’est une question de recréation. Après la guérison du sourd-muet, les gens disent : « Il a bien fait toutes choses ». Le même refrain qu’on retrouve dans la création, à la fin de chaque jour, quand on nous dit : « Et Dieu vit que c’était bon. »
C’est bien clair que le sourd-muet, c’est un homme qui est coupé des autres, qui souffre d’isolement. Et, chose surprenante, pour le sortir de son isolement, Jésus l’emmène à l’écart, il l’isole des autres.
Le Seigneur veut que ses disciples soient des hommes et des femmes qui ne soient isolés ni de Dieu, ni des autres. Il veut des hommes et des femmes ouverts à Dieu et aux autres, des gens qui sont capables d’entendre sa Parole, des gens qui sont capables de parler, de proclamer la Parole de Dieu dans toute la puissance de son Esprit.
Et, pour être capable de le faire, il faut être en mesure de nous isoler, comme nous le faisons en ce moment. Il faut suivre Jésus à l’écart, loin de la foule, loin des bruits du monde pour le rencontrer dans l’intimité de la prière, pour laisser Jésus souffler sur nous son souffle divin comme il l’a fait pour le sourd-muet.
