Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 février 2021 – Marc7, 14-23
Personne n’a besoin de nous dire que c’est une bonne habitude de se laver les mains avant de prendre son repas, encore plus dans ce temps de pandémie. En voyant que les disciples de Jésus ne se lavent pas les mains, ce n’est pas sur une question d’hygiène que les pharisiens interviennent. Pour eux, ce n’est pas une question de propreté ! Se laver les mains, c’est un acte religieux, c’est une ablution rituelle.
Quand Jésus affirme que ce n’est pas ce qui est extérieur à l’homme qui le rend impur, il fait une affirmation qui choque les chefs religieux. C’est que Jésus n’observe pas une loi qui se limite à des pratiques religieuses tout extérieures. C’est à une vie intérieure qu’il appelle : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses. »
Jésus nous invite à regarder dans les profondeurs des cœurs en faisant remarquer que, trop souvent, notre regard et notre jugement portent sur ce qui est visible, sur ce qui paraît, sur ce qui est extérieur.
C’est un grand message de libération.
Pensons, par exemple, à la souffrance d’un homme qui est tellement centré sur son travail qu’il oublie sa réalité d’époux et de père.
Pensons à la souffrance d’une épouse qui se sent aimée dans ce qu’elle offre de plus extérieur et délaissée dans ce qui fait sa vie profonde et sa véritable richesse.
Le mal, lui, ne vient pas du dehors comme la maladie, la grippe ou la pandémie.
Il vient d’en dedans, du cœur de l’homme. C’est la perversité de nos pensées, de nos paroles et de nos actions mauvaises que Jésus énumère dans l’évangile : débauche, vols, meurtre, adultère, cupidité, perversité, fraude, envie, diffamation, orgueil et démesure. C’est autrement plus exigeant !
Jésus n’est pas à l’aise avec les pratiques de la société de son temps qui sont trop centrés sur l’extérieur, le paraître. Pour lui, la loi oblige les simples gens à respirer l’air nocif du paraître.
Jésus propose un esprit nouveau. Ce qui l’intéresse, c’est ce qui se passe au niveau du cœur.
Jésus nous offre un regard qui fait resplendir l’évangile. Il nous renvoie toujours à notre cœur, le lieu des choix décisifs, le lieu de l’action mystérieuse de Dieu. Si Dieu a pris le risque de descendre au plus bas, dans la pauvreté et l’impuissance la plus totale, et ainsi se faire le frère de tous, rappelons-nous que c’est lui seul qui purifie. C’est sa présence au-dedans de nous qui nous sauve.
Ouvrons-lui la porte de notre cœur.
