Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 Avril 2019
( Jean 8, 31-42 )
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples : alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Le mot « Vérité » revient vingt et une fois dans l’évangile de saint Jean, trois fois plus que les trois autres évangiles pris ensemble.
Quand Jésus dit à Pilate qu’il est venu pour rendre témoignage à la vérité, Pilate déclare : « Qu’est-ce que la vérité ? »
Pour saint Jean, on ne peut pas se tromper, la vérité pour lui n’est pas un concept, une idée, c’est la personne même de Jésus. Il nous l’avait dit dès la première page de son évangile : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,14)
À un moment donné, Thomas dit à Jésus « On ne sait pas où tu vas, comment pouvons-nous connaître le chemin ? » et Jésus de lui déclarer : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »
Aussi quand Jésus reproche aux Juifs de ne pas accepter la vérité, il leur déclare que c’est lui qu’ils ne veulent pas accepter. On touche là une des grandes souffrances de Jésus, celle de ne pas avoir été reconnu par les autorités religieuses de son temps. Pourtant les Prophètes et les Psaumes l’avaient annoncé de bien des façons, mais ceux qui passaient leur vie à scruter la parole n’ont pas réussi à le reconnaître comme le Fils de Dieu. Quand il opérait des guérisons, Jésus commençait souvent par une prière à son Père. Aussi, en voyant les gens guéris, les chefs religieux auraient dû conclure que le Père écoutait les prières de son Fils, mais ils n’ont pas réussi à le faire. Le drame qui se cachait derrière tout ça, c’est qu’ils se considéraient comme les uniques propriétaires de la vérité.
On peut très bien commettre la même erreur. Spontanément, quand on pense à la vérité, on pense à « notre vérité », à tout ce que notre expérience nous a appris au fil du temps à partir de nos joies et de nos souffrances. Et nous risquons d’oublier que la vérité, c’est une personne, c’est la réalité de Dieu. La vérité, c’est tout ce qu’il nous dit de lui-même, et que lui seul peut nous révéler. Connaître la vérité, c’est connaître le Christ.
Saint Paul le disait aux Colossiens : « Je combats pour ceux qui ne m’ont jamais vu… pour que leurs cœurs accèdent à la vraie connaissance du mystère de Dieu. Ce mystère, c’est le Christ en qui se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. » (Col 2,2-3)
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
C’est lui le Fils de Dieu qui peut nous mener à la liberté des enfants de Dieu, nous rendre libres pour aimer et servir. Ce qui compte, c’est de devenir vraiment ses disciples, des hommes et des femmes qui guettent ses paroles, qui se passionnent pour sa pensée, qui lui font une totale confiance, sachant bien qu’une seule Parole de lui peut nous donner une vie sans fin, une vie de ressuscité comme la sienne.
