Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 août 2020 – Saint Laurent – Jean 12,24-26
St Augustin disait : «La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure»
Dans le même sens, Jésus vient de nous dire dans l’évangile : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » C’est l’histoire de saint Laurent, un diacre qui a vécu à Rome entre les années 210 et 258. L’histoire de saint Laurent, c’est L’histoire de ce grain de blé tombé en terre, l’histoire d’une vie donnée dont le seul motif était l’Amour, un Amour qui va loin : « Quelqu’un qui se détache de sa vie la gardera pour la vie éternelle. »
Ce grain de blé, saisi par l’Amour, s’est laissé conduire dans une terre préparée à le recevoir. Il a été semé, arrosé, et dans les profondeurs de la terre, il avait tout un chemin à parcourir. Abandonné, oublié de l’extérieur, ce grain choisit de s’offrir librement. Il a compris que le chemin est exigeant et que pour parvenir à la vie, il faut mourir, se dépouiller, laisser sa vie pour la retrouver autrement.
Tout se fait dans l’obscurité et en cachette, dans une grande pauvreté ! Le grain de blé meurt. Il se dissout. Tout ce qui reste, c’est l’essentiel, c’est une vie habitée par l’amour, c’est la Vie avec un grand « V » qui l’a habité depuis toujours.
Saint Laurent était chargé de distribuer des secours aux indigents de la communauté romaine, comme l’avaient fait les diacres de l’Église primitive. Convaincu que l’Église était riche, l’empereur, pour renflouer les caisses de l’État, convoqua Laurent et le somma de lui remettre la fortune de l’Église. Le diacre se présenta devant lui avec une foule d’indigents : « Voici, dit-il, le vrai trésor de l’Église. Par le don de leur foi, et parce qu’ils convertissent nos aumônes en trésors inestimables pour nous. » Laurent a d’abord tout donné, puis il s’est donné lui-même. C’est en donnant qu’on approche du Christ, c’et en se donnant comme le grain de blé qu’on le trouve. Il fut brûlé vif en 258 juste avant le pape Sixte II qu’il servait.
Plus tard, ce grain de blé entre dans la phase de floraison. Tout ce qu’il a vécu jaillit en lumière, en fruits en abondance. Ce grain s’est enrichi de sa pauvreté. Il s’est retrouvé dans son vrai désir qui n’est d’autre que d’aimer sans mesure et de donner sa vie jusqu’au bout par amour. « Qui aime sa vie la perd; qui s’en détache en ce monde, la gardera pour la vie éternelle. »
Donne-nous Seigneur, nous t’en prions, d’être semblable à ce grain de blé, donne-nous d’être une vie unie à Toi, Toi l’Amour infini; donne-nous une vie donnée chaque jour avec générosité à nos sœurs et nos frères !
