Mgr J-C. Dufour- 1 juillet 2020 – Matthieu 8,28-34

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 1 juillet 2020 – Matthieu 8,28-34

 

« Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »  Vous savez, il y a une bonne nouvelle dans le cri de ces deux possédés ; ils annoncent la défaite du mal.   Devant Jésus, ils avouent leur faiblesse. C’est comme s’ils disaient en même temps, en sous-entendu : « laisse-nous profiter du peu de temps qu’il nous reste pour semer encore un peu plus la peur et la haine ».  En reconnaissant Jésus comme « Fils de Dieu », ils voient que le salut est en marche, que rien ne pourra arrêter la force et la victoire de Jésus.   Malgré que la croix se profile déjà à l’horizon, Jésus aura le dernier mot par la puissance de sa résurrection.

Jésus est le « Fils de Dieu ».   Sa présence trouble les possédés ; elle les déroute. Il est le Verbe qui venait éclairer tout homme. Il est là depuis l’origine du monde, toujours là pour libérer du mal. Depuis toujours, il porte en lui l’éternité de sa victoire. « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. »  (Jn 1,14)

On peut être très surpris de la réaction de la foule. Toute la ville sort à la rencontre de Jésus et les gens le supplient de quitter leur territoire. C’est facile de voir là une menace, une réaction semblable à celle des possédés, mais je pense qu’il s’agit là d’une supplication, d’une prière.

Savez-vous ce que veut dire « Gadaréniens », ça veut dire « Ceux qui sont récompensé à la fin. »  Ils attendaient quelque chose de grand, plus qu’une guérison à la sauvette, On peut dire que ce jour-là, ils ont reçu une avance sur leur libération. Par la mort des porcs, la délivrance des deux possédés, ils ont maintenant devant eux la promesse d’un salut éternel. Jésus est venu en terre païenne jusqu’à eux.

Ils éprouvent une grande distance avec Jésus : ils sont païens devant un Juif ; ils sont de pauvres créatures devant la puissance du créateur. La guérison des deux possédés, les porcs que se jettent dans la mer leur fait voir une immense Victoire de Jésus en même temps qu’ils peuvent prendre conscience de toute leur faiblesse humaine. Non, ils ne ferment pas la porte devant Jésus, ils ressentent le besoin de garder leurs distances comme Pierre qui avait demandé un jour à Jésus de s’éloigner de lui : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » (Lc 5,8).

C’est aujourd’hui, la fête du Canada. Journée spéciale pour le pays, les gouvernants et la paix dans le monde.   J’ai été frappé de voir que dans chacune des prières on demandait la paix.

Dans la prière d’ouverture : « regarde le pays où tu nous as donné de vivre… afin qu’il y ait parmi nous plus de justice et dans le monde entier plus de bonheur et de paix. »

Dans la prière sur les offrandes : « Que ce sacrement du Royaume attendu entretienne en chacun de tes fils la patience et la ténacité au service de la paix sur terre. »

Dans la prière après la communion : « Nous fassions fructifier en ce monde la paix qu’il a lui-même donnée. »

Que notre prière, en ce temps de pandémie,  soit une prière de paix pour tous les pays et pour le nôtre en particulier.