Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 1 janvier 2020 – Sainte Marie, Mère de Dieu – Luc 2,16-21
Une autre année vient de se terminer ! Combien d’événements imprévus, heureux ou malheureux, ont traversé l’année qui vient de s’écouler ? Probablement que la majorité d’entre eux ne faisaient pas partie de nos prévisions. Aussi, on peut dire que l’inconnu occupe une grande place dans notre vie ! C’est peut-être pour y remédier un peu que, chaque nouvelle année, nous offrons nos vœux de bonheur, de santé, de réussite à beaucoup de parents et d’amis et que nous le ferons abondamment dans les heures et les jours qui viendront. Nous souhaitons, dans ces moments, que la qualité de nos liens avec les autres prenne une tout autre couleur ! Nous leur voulons du bien, nous leur souhaitons ce qu’il y a de meilleur.
C’est dans cet état d’esprit que nous arrivons devant le Seigneur aujourd’hui. Lui aussi, nous exprime ses meilleurs vœux : « Que le Seigneur te bénisse et te garde… qu’il te prenne en grâce !.. Qu’il t`apporte la paix ». Mais les problèmes du monde sont tellement compliqués qu’on s’imagine qu’ils n’ont pas beaucoup d’importance à ses yeux. On imagine que le Seigneur fait son possible, qu’il fait de son mieux.
Heureusement, la Parole de Dieu vient nous situer bien autrement. Elle nous rappelle une réalité bouleversante qui touche toute notre existence, toute notre vie, en nous disant que nous sommes des fils et des filles de Dieu. On n’est pas des sujets ou des esclaves ou des gens soumis par obligation, mais des enfants héritiers, entourés d’affection et de tendresse. « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs… pour faire de nous des fils… Ainsi, tu n’es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es aussi héritier »
Nous avons bien du mal à comprendre vraiment le sens de ces mots. Ils ne sont pas faciles à entrer dans notre tête, dans notre cœur ! La fête d’aujourd’hui nous invite à mieux découvrir que nos liens avec le Seigneur ne sont pas des liens d’esclaves, mais des liens d’enfants, de fils et de filles de Dieu.
La fête de la maternité de Marie nous invite à regarder Jésus comme un enfant de Dieu. Elle nous fait voir que Jésus est né d’une femme, qu’il a été fils de Marie, qu’il n’a pas pu vivre, grandir, devenir adulte sans la présence, le souci, l’amour et la confiance de sa mère. Le seul fait de regarder Jésus dans la crèche, par exemple, nous aide à découvrir que nous sommes enfants de Dieu comme lui.
Dans les événements que Marie, au jour le jour, on voit que l’Esprit demeure dans son cœur et ne cesse de lui révéler la volonté du Père. C’est le « qu’il me soit fait selon ta parole » qui se continue. Oui, elle se révèle comme une fille du Père, heureuse et pleine d’espérance. En regardant Marie, nous pouvons découvrir quelque chose de la qualité de notre relation avec le Seigneur.
Nous sommes invités aujourd’hui, comme elle, à nous laisser conduire par l’Esprit et à nous approcher de Dieu en l’appelant « Père » comme le fera son Fils, Jésus. Nous sommes invités à entrer dans une relation d’amour, de confiance, d’obéissance parce que quand on aime, quand on se sait aimer, on accepte de suivre Jésus.
Ça ne veut pas dire que les exigences de la vie, les difficultés, les incertitudes vont disparaître. Jésus, Marie et Joseph ont eu un bon lot de difficultés. Mais comme eux, nous sommes appelés à les vivre dans la confiance, dans la confiance que le Père veille sur nous et qu’il nous achemine vers la vie éternelle.
En cette nouvelle année, comme dit le psaume, je souhaite « que Dieu vous prenne en grâce et qu’il vous bénisse ». Je fais miens les mots de la première lecture, il me semble qu’on ne peut en trouver de meilleur au début d’une année : « Que le Seigneur te bénisse et ta garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce. Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte sa paix. »
