Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 juillet 2023 – Matthieu 10, 34—11,1
« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive »
Comment Jésus a-t-il pu dire une chose pareille ? À plusieurs reprises, il a parlé de paix.
Il dit à la femme qu’il vient de guérir : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous rappelons cette Parole rapportée par saint Jean : « je vous donne la paix, je vous laisse ma paix. » (Jean 14,27) Que faut-il comprendre ?
« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. »
Cette parole de Jésus peut nous surprendre. Lui, le Prince de la paix est venu pour instaurer la paix et l’unité parmi les hommes et tous les peuples. Pourtant, sa vie nous démontre qu’il n’a pas eu la tâche facile, qu’il n’a pas rencontré la paix.
Déjà, lors de sa naissance, les hommes ont cherché à le tuer et sa famille a été forcée de fuir en exil.
Il a commencé son ministère en luttant contre le démon dans le désert.
Tout au long de son ministère, il a constamment été repoussé, rejeté et accusé.
En fin de compte, il meurt sur une croix.
Saint Paul, en nous parlant du Christ, nous dit : « Faisant la paix par le sang de sa croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. »
Saint Paul nous en disait quelque chose hier. « J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous »
Et un peu plus loin il ajoutait : il en est de même pour nous.
Notre décision personnelle de suivre Jésus est souvent marquée de moments de lutte.
Parfois, les êtres qui nous sont les plus chers ne nous comprendront pas et pourraient même nous rejeter. Mais notre décision à suivre le Christ demeure intacte parce qu’Il est notre chemin vers la paix. C’est lui qui nous apporte la paix.
Après avoir dit à ses disciples qu’il n’était pas venu apporter la paix, mais le glaive, Jésus « partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays. »
C’est pour cela qu’il avait été envoyé. Il n’a pas faibli face à sa mission. Les difficultés ne l’ont pas arrêté.
Pendant les trois années qu’ils ont vécu avec lui, les apôtres l’ont observé; ils ont appris de lui à ne pas se laisser arrêter par les difficultés.
La manière de vivre de Jésus deviendra leur modèle de vie.
Prenons le temps, nous aussi, d’observer Jésus. Les difficultés et l’opposition qu’on peut rencontrer dans l’exercice de notre mission ne signifient pas que nous faisons fausse route. Elles sont au contraire une occasion d’approfondir notre décision de suivre le Christ et de travailler encore plus avec lui et pour lui, car il nous dit :
« je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix;
ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église;
Pour que ta volonté s’accomplisse,
donne-lui toujours cette paix. »
