Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 9 Juillet 2018
( Matthieu 9, 18-26 )
Un notable s’approche de Jésus, se prosterne devant lui et dit :
« Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. »
Une femme s’approche de Jésus, touche son vêtement en se disant :
« Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »
Quant à la petite fille, elle ne bouge pas du tout, elle ne dit rien, mais elle se relève. Imaginez sa réaction quand elle réalise que sa main est dans celle du Seigneur.
On peut se reconnaître dans cet évangile. Parfois, notre foi nous fait oser, on a l’audace de parler et de demander à Jésus comme le notable juif.
Parfois, notre foi est plus timide. Comme la femme qui s’approche de Jésus, on ne trouve pas les mots pour dire à Jésus qu’on a confiance en lui. On fait une prière dans le secret de notre cœur en laissant nos gestes parler pour nous.
Parfois, on peut ressembler à la petite fille. On ne dit pas un mot. On ne fait aucun geste. Le Seigneur agit tout seul, comme si c’était lui qui faisait à la fois les prières et donnait les réponses. Nous sentons qu’une force nous relève, et sans aucun mérite de notre part, nous faisons l’expérience de l’amour de Seigneur et de la puissance de sa main qui nous tient.
Nos façons de prier ne sont pas toujours les mêmes, mais c’est toujours la même miséricorde que le Seigneur met en œuvre à notre endroit. Nous prenons conscience que la mesure du Seigneur est toujours débordante, même si on ne connaît pas la mesure exacte de sa bonté à notre endroit.
À ce moment-là, l’Église prend la relève dans les prières. Par exemple, dans les prières d’ouverture de la messe, elle nous fait dire :
- C’est ta grâce, Seigneur, qui donne à tes fidèles de pouvoir dignement te servir (32e)
- « Fais-nous toujours vouloir ce que tu veux » (25e)
- « Tu combles ceux qui t’implorent bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs » (27e)
Le Seigneur nous donne même ce que nous ne savons pas demander, ce qui nous fait comprendre qu’il travaille en nous, pour notre bonheur.
Ce matin, approchons-nous de lui avec l’audace que l’Esprit met en nous.
- Comme le notable juif, implorons-le pour ceux et celles que nous aimons.
- Comme la femme, osons, pour nous-mêmes, toucher la frange de son vêtement de gloire.
- Comme la jeune fille, osons laisser notre main dans la main de Celui qui nous a relevés.
