Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 Juillet 2018
( Matthieu 9, 9-13 )
Seulement des petits commentaires sur cet évangile.
« Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôt. Il lui dit « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. »
Il n’y a pas à dire, c’est rapide, ça se fait vite. Qu’est-ce qu’il faut comprendre ? Matthieu est un collecteur d’impôt. Il fait la belle vie, mais les gens ne l’aiment pas parce qu’on le voit comme un voleur qui collabore avec les Romains. Il s’est laissé séduire par l’argent, les biens matériels et la bonne situation sociale. C’est cet homme-là que Jésus appelle à le suivre. Matthieu est un fils d’Israël. Il sait bien qu’il n’est pas dans le droit chemin, mais il y a en lui, depuis longtemps, depuis toujours, peut-être, une profonde quête de sens. Et les mots de Jésus « SUIS-MOI » réveillent en lui un désir qui l’habite depuis longtemps, un appel profond qui est dans son cœur, celui d’accomplir la volonté de Dieu dans sa vie. C’est pour ça que ça va si vite ! On n’est peut-être pas aussi vite que Matthieu, mais on peut se reconnaître dans le désir qui l’habite depuis longtemps.
« Voici que beaucoup de publicains et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples. »
Beaucoup de pécheurs prennent place avec Jésus et ses disciples, ce qui scandalise les pharisiens.
C’est vrai que c’est gros ! La conversion de Matthieu enclenche toute une réaction chez ses amis qui, à leur tour, font des pas pour rencontrer Jésus. C’est dire toute l’importance d’une seule conversion qui n’est jamais secrète et qui entraîne bien des répercussions.
« Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. »
Dans toutes les paroisses où j’ai servi, j’ai toujours rencontré des personnes scrupuleuses, et scrupuleuses pas à peu près. Pour elles, le péché domine sur la miséricorde. Dans leur maladie, parce que c’est une maladie, elles mettent tout l’accent sur le péché, dans les moindres petits détails et avec beaucoup de peurs. Elles vivent avec une dette à payer à Dieu, des sacrifices à offrir pour mériter le paradis.
Pour Jésus, c’est bien différent. Il ne parle pas de prix à payer, mais de prix à recevoir par la grâce de Dieu. Il faudrait lire et relire l’évangile de l’enfant prodigue qui nous enseigne que l’homme n’est pas un éternel endetté devant son Dieu, mais un fils gratifié comme l’enfant prodigue.
Pendant notre célébration, portons dans notre prière ces gens qui souffrent de scrupule. Dans mon expérience, ce sont des gens qui souffrent beaucoup, hantés par leurs fautes. Demandons au Seigneur de nous faire entrer dans la logique de sa miséricorde, de nous donner de savoir accepter et accueillir le don qu’il nous fait, d’honorer l’invitation qu’il nous fait de prendre place à sa table pour partager le pain de la vie éternelle.
