Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 Mai 2018 – St Philippe de Néri
( Marc 10, 13-16 )
« Ma prière devant toi s’élève comme un encens. »
C’était bien la prière de Jésus et celle de saint Phillipe de Néri que nous fêtons aujourd’hui. On sait comment Jésus était un authentique priant. Il commençait ses journées et terminait ses journées par la prière. C’était après avoir prié qu’il enseignait, après avoir prié qu’il guérissait.
Si la prière apporte une douceur pour l’âme, si elle réconforte et fortifie dans la maladie, elle peut faire encore bien plus en ramenant les pécheurs et les pécheresses à vivre en communion avec notre créateur.
À l’âge de vingt-trois ans, saint Philippe vendit ses livres, en donna le prix aux pauvres parce qu’il désirait s’unir plus parfaitement à Notre Seigneur Jésus Christ par la prière. J’ai lu que, dans l’oraison, il recevait des grâces extraordinaires. On l’entendait dire, dans un excès de joie :
« Ô mon Dieu, puisque vous êtes si aimable, pourquoi ne m’avoir donné qu’un seul cœur pour aimer ? Pourquoi du moins ce cœur est-il si petit et si étroit ? »
On dit de lui que, pendant une période de sa vie, il confessait pendant toute la journée. Il a même donné un conseil aux confesseurs en écrivant :
« Les confesseurs devraient avoir la plus grande compréhension possible pour ceux qui viennent à eux et ne montrer aucune dureté. Ils doivent faire pénétrer en eux quelque chose de la tendresse de l’Amour de Dieu. »
Je me suis laissé impressionné par ces mots de saint Philippe écrits dans les années 1500ss.
Saint Philippe qui était ardent à la prière et aux charités vécues a pourtant laissé le souvenir d’un saint joyeux, aux fantaisies imprévisibles. Il a fondé une société de prêtres dévoués à la formation des jeunes. Et là encore, on retrouve Jésus dans l’évangile, Jésus qui savait faire preuve d’humanité, de sensibilité devant la condition des plus petits.
Que font les enfants à son époque ? Ils agissent comme des enfants comme ils ont toujours fait. Ils aiment imiter les adultes, jouer, rire, crier. Parfois, il leur arrive de tomber et de pleurer. Quand Jésus nous invite à ressembler aux enfants, il veut qu’on apprenne quelque chose des tout-petits, et ce quelque chose c’est de savoir garder intacte leur confiance primordiale.
Avant-hier, alors que je retournais chez moi et que j’attendais à un feu rouge sur le boulevard Saint-Joseph, j’ai remarqué de l’autre côté de la rue une maman avec sa petite fille de trois ou quatre ans. Quand est venu le temps de traverser la rue, la maman a pris la main de sa petite qui est devenue toute souriante en passant de l’autre côté. L’enfant sait qu’il peut faire confiance à ses parents, il sait que ceux-ci vont pourvoir à ses besoins. C’est à cette confiance que Jésus nous invite. Mais, il y a un petit quelque chose de plus. Des enquêtes scientifiques ont démontré très clairement que l’enfant ne fait aucune discrimination entre les personnes ; il ne fait pas de différence entre les gens qui ont d’autres origines, qui ont vécu dans une autre culture, qui parlent une autre langue. Sûrement à retenir aussi.
Devant notre Père du ciel, il n’y a pas de meilleure attitude que celle de se comporter en enfant bien-aimé ? Laissons l’enfant en nous s’approcher de Jésus, pour qu’il nous embrasse et nous bénisse.
