Homélie Mgr J-C. Dufour – 26 Juillet 2018 -Sainte Anne, mère de la Vierge Marie – Matthieu 13, 16-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 26 Juillet 2018 – Sainte Anne, mère de la Vierge Marie : Patronne de la province de Québec

( Matthieu  13, 16-17 )

 

« Bonne sainte Anne ! »
Mon père ne terminait jamais le chapelet en famille sans invoquer la Bonne sainte Anne, la maman de Marie, la grand-maman de Jésus. C’est déjà toute une raison de la fêter. Avec elle, nous célébrons le Dieu des humbles, le Dieu de notre salut qui, tout au long de l’histoire a suscité de nombreux témoins de la foi.

 

Comme le soulignait la 1ière lecture tantôt, nous célébrons une longue histoire de fidélité qui nous enseigne comment Dieu a préparé la venue de son Fils « pour nous les hommes et pour notre salut.»
De génération en génération, le peuple choisi a été le dépositaire des promesses de Dieu. Grâce à la foi, Abraham a obéi à l’appel de Dieu, grâce à la foi Isaac et Jacob ont été héritiers des mêmes promesses, grâce à la foi des prophètes et des justes ont vécu toute leur vie dans l’attente du Messie. Pendant des siècles, une foule de gens ont désiré voir le jour du Messie et entendre sa parole.

 

Anne et Joachim et leur petite fille Marie se situent au sommet de cette longue histoire de fidélité si bien traduite par le refrain qui ponctuait la 1ière lecture :
« Grâce à la foi ».
Anne connaissait les Écritures, elle vivait à l’avance les joies de la venue du Messie, de Jésus. Grâce à la foi, Anne a entrevu le jour de la réalisation des promesses. Grâce à la foi, elle était fascinée par l’avenir annoncé par les promesses de Dieu. Et sa fascination, elle l’a transmise à sa petite fille, Marie. Le temps est venu pour Dieu d’accomplir sa promesse. Bientôt Dieu fera miséricorde à toutes les nations.

Tout se vit dans une immense discrétion, la discrétion d’un Dieu qui ne bouscule rien. Avec Anne, Joachim et Marie, les merveilles de Dieu commencent à se réaliser, des merveilles plus étonnantes que jamais, mais Dieu ne bouscule rien et cache ses élus dans l’ombre. Marie est déjà là, vivante, sainte et sans tache. La future mère de Dieu est déjà là, sous les yeux d’Anne et de Joachim qui ne voient encore qu’une petite fille. On voit bien que la sainteté n’exige pas des personnes éclatantes ni des conditions merveilleuses. Quelqu’un a écrit :
« LA SAINTETÉ, C’EST UN AMOUR CHAQUE JOUR TOUT NEUF DANS UN MONDE TOUJOURS TROP VIEUX ».

 

 

Grâce à la foi, les marins bretons qui entreprenaient leurs voyages dangereux vers la Nouvelle France confiaient leur traversée à la protection de la bonne sainte Anne. C’est grâce à leur foi, à celle de nos ancêtres et de nos parents que nous pouvons fêter aujourd’hui la mère de Marie et la grand-maman de Jésus.

 

En 1876, le pape Pie IX proclame sainte Anne patronne de la province de Québec. Aussi, le 26 juillet de chaque année, notre Église salue la foi de cette femme qui a su entendre et attendre la réalisation de la Promesse. La Bonne Saint Anne a pour nous un visage d’écoute et d’accueil, le visage d’une femme qui a su vivre la foi de ses ancêtres et qui a su transmettre à sa fille sa faim du jour de Dieu.
Le pape Benoît XVI s’adressant aux grands-parents lors d’une audience avait dit « Que la Vierge Marie, qui – selon une belle iconographie – apprit à lire les Saintes Écritures sur les genoux de sa mère Anne, vous aide à toujours nourrir la foi et l’espérance de vos petits- enfants aux sources de la Parole de Dieu. »

 

 Jésus disait à ses disciples : « Heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent. »
Grâce à la foi, de nombreux témoins ont surgi tout au long de l’histoire, des témoins de toutes conditions, des hommes et des femmes, des prêtres et des paysans, des savants et des ouvriers, des malades et des génies. C’est grâce à eux que nous avons entendu la Parole de Dieu que nous sommes appelés à transmettre à notre tour. Aujourd’hui, Jésus nous déclare heureux parce que nos yeux voient et que nos oreilles entendent, parce que nous croyons et que nous écoutons sa Parole. Nous ne dirons jamais assez notre chance de connaître les mystères du Royaume, de pouvoir entrer dans les secrets de Dieu, dans son plan de salut, et de comprendre peu à peu ses choix, ses méthodes et ses habitudes.

 

Fidèle à lui-même, Dieu ne se manifeste jamais dans ce qui est éclatant, dans le spectaculaire ou l’exceptionnel, mais dans des personnes modestes comme sainte Anne qui n’est même pas mentionnée dans tout le Nouveau Testament. Elle demeure quand même pour ceux et celles qui la vénèrent, particulièrement pour nous aujourd’hui, un témoignage de l’amour maternel de Dieu pour tous ses enfants.