Homélie Mgr J-C. Dufour – 2 Septembre 2018 – 22e Dimanche Ordinaire « B » Marc 7, 1-8.14-15.21-23

Homélie Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 Septembre 2018 – 22e Dimanche Ordinaire « B »  ( Marc 7,1-8.14-15.21-23 )

Liturgie des Heures : semaine : II

 

On peut donc se tromper parfois!
On rencontre quelqu’un!
On trouve qu’il n’a pas d’allure, qu’il parle comme il marche et puis on finit par découvrir que cette personne-là a un cœur d’or, qu’elle fait preuve d’une délicatesse hors du commun.
Ou au contraire, on rencontre une personne tellement raffinée que c’en est gênant jusqu’à ce qu’on apprenne que c’est une fripouille!
On se laisse donc tromper par les apparences parfois!
Aujourd’hui, Jésus nous invite justement à aller au-delà des apparences, et plus encore, à prendre bien soin de notre cœur.

 

On vient de voir dans l’Évangile que Jésus pique toute une colère aux pharisiens qui reprochent aux disciples de Jésus de ne pas s’être lavé les mains avant le repas.
Aujourd’hui, on ne trouverait rien à dire là-dessus.
Mais derrière la remarque des pharisiens Jésus voit une attitude religieuse hypocrite: Les pharisiens regardent les apparences sans regarder le cœur!

 

Ils accomplissent tous les commandements, toutes les lois, sans que le cœur y soit vraiment.
Pour donner un exemple on sait-bien que les gens respectent la loi quand ils payent leurs impôts, mais ils peuvent être de mauvaise humeur pour un mois.
Vis-à-vis de Dieu, on peut avoir exactement les mêmes comportements : se contenter d’une attitude extérieure, légaliste, respecter tous les commandements, toutes les lois sans que le cœur y soit vraiment. Pour Jésus, le plus important, c’est toujours ce qu’il y a dans le cœur.

 

En se fâchant contre l’attitude religieuse des pharisiens, Jésus vient nous poser une grosse question!
Quel est l’état de santé de notre cœur?
Est-il bien portant ou malade?
Est-ce vraiment l’amour qui bat en lui?
Est-il rongé par la jalousie, l’indifférence, la froideur, la sécheresse?
Est-il aussi bon qu’on le voudrait?
Aussi généreux qu’on le souhaiterait?
En résumé, notre cœur ressemble-t-il à celui de Jésus?

 

Qu’il y ait du bon, de la générosité dans nos cœurs, personne ne va mettre ça en doute, mais en même temps, il faut bien admettre qu’il a aussi besoin de bons soins.
Autrefois on chantait : « Rendez mon cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre; placez mon cœur, placez mon cœur tout près du vôtre. »

Ces paroles témoignaient déjà que notre cœur avait besoin de soin!
Mais quoi faire pour le soigner, pour qu’il ressemble à celui de Jésus?
Les lectures d’aujourd’hui nous proposent deux remèdes!
Le premier remède qui nous est proposé, c’est de ne pas juger. Jésus vient de dénoncer sévèrement les pharisiens qui jugent les disciples sur l’extérieur. On peut leur ressembler! Mais on ne sait jamais ce qui se passe dans le cœur des autres! Dieu seul le sait! Non seulement Jésus nous invite à ne pas juger, il nous prie de voir en tout homme, toute femme, un frère, une sœur à respecter et à aimer.

Le deuxième remède que Jésus nous propose : nous exposer à la Parole de Dieu! Pas juste en cherchant à la connaître, mais aussi en la mettant en pratique.
« Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter »,  vient de nous dire saint Jacques.
On parle de «commandements» dans les lectures d’aujourd’hui. Et, à chaque fois qu’on me parle des commandements, je sens souvent qu’on se situe d’une manière légaliste.
À l’origine du mot « commandement », il y a le mot « main ». Ça veut dire que le mot « commandement» signifie d’abord déposer un projet dans nos mains, nous confier quelque chose d’important, nous engager dans une mission. En nous donnant des commandements qui sont aussi Parole de Dieu, le Seigneur dépose dans nos mains et surtout dans notre cœur un projet qui est dans son cœur à lui. Saint Jacques nous en donnait un exemple tantôt en nous disant :
« la manière pure de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur»

 

Les pharisiens s’imaginaient qu’ils étaient bien accordés à Dieu en respectant les commandements à la lettre.
Jésus dénonce cette erreur et vient nous rappeler que c’est seulement dans l’intime de notre cœur, dans le secret de notre cœur qu’on peut s’accorder à la volonté de Dieu.