Homélie Mgr J-C Dufour – 18 août 2018 – Matthieu 19, 13-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 18 août 2018

( Matthieu  19, 13-15 )

 

Quand on réalise que les évangiles nous mettent au fait du moment le plus important de l’histoire et de la venue parmi nous du Sauveur du monde, on peut se dire qu’ils sont bien trop courts. Une trentaine de chapitres et c’est tout ! Alors c’est étonnant de voir qu’ils ont retenu la petite scène que saint Matthieu nous raconte ce matin.

 

On ne peut pas avoir de scènes plus simples, plus quotidiennes, plus ordinaires que celle où on voit des mamans présenter leur enfant à Jésus pour qu’il prie sur eux en leur imposant les mains. Une scène toute simple et pourtant, ce petit texte est très profond.

 

À plusieurs reprises, ces dernières semaines, j’ai rappelé que Dieu ne se manifestait pas dans le triomphe, la puissance ou la grandeur. Déjà à sa naissance, il est apparu dans notre monde sans triomphalisme, sans manifestation imposante de sa toute-puissance, mais dans la petitesse d’un enfant pour nous montrer qu’il était proche de nous. Sa naissance avait été annoncée aux bergers dans ce qui faisait leur vie de chaque jour, dans leur quotidien.

 

C’est ce que vient nous dire l’évangile de ce matin. Dieu se révèle dans la simplicité, dans le quotidien. Sainte Thérèse d’Avila disait que nous aurons bien de la peine à trouver Dieu si on ne le sent pas dans les choses les plus simples, jusque dans les casseroles de la cuisine, dans nos salles de lavage, dans nos jardins, dans ce qui fait nos vies les plus ordinaires. C’est là qu’on peut trouver Jésus. Lui, le plus grand, c’est dans le plus petit qu’il se trouve.

 

Le pape Benoît XVI écrivait un jour que la théologie de ce qui est petit est une catégorie fondamentale du christianisme. La grandeur de Dieu se révèle dans l’absence de puissance. La plus petite force d’amour est plus grande que la plus grande des forces de destructions.

 

Si l’enfance prend une grande place dans les évangiles, c’est parce que l’enfance est ce qui révèle le mieux le mystère le plus personnel de Jésus. Le premier titre de noblesse de Jésus, ce n’est pas celui de Roi, de Seigneur ou de Maître, c’est celui d’être l’enfant du Père. C’est le titre qu’il a entendu le jour de son baptême et sur la montagne de la transfiguration : « Celui-ci est mon fils bien-aimé ».

 

À nouveau, Jésus vient bousculer nos logiques humaines en mettant au cœur de notre foi que le plus important se vit dans des gestes tout petit. Et Jésus le confirme à deux moments majeurs dans l’évangile, d’abord les béatitudes et ensuite dans la scène du jugement dernier. Il nous fait comprendre que notre conduite de chrétiens et de chrétiennes devrait être faite de petites choses : de petits gestes de paix, de douceur, de compassion jusqu’à nous dire qu’en le faisant nous serons heureux. Souvent dans notre imagination, Dieu n’apparaît que dans ce qui est grand et puissant alors qu’il se voit dans la simplicité, dans le quotidien de nos vies.

 

Ce que je viens de vous dire, on le voit encore dans l’Eucharistie qui nous rassemble : un petit geste, un tout petit peu de pain et un petit peu de vin et pourtant, c’est la plus grande merveille que Dieu fait pour nous chaque jour.