Homélie Mgr J-C. Dufour – 16 Juillet 2018 – Notre-Dame-du-Mont-Carmel – Matthieu 10, 34-11, 1

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 16 Juillet 2018 – Notre-Dame-du-Mont-Carmel

( Matthieu  10, 34-11, 1 )

 

« ACCUEIL !» Ce mot à lui seul résume tout l’évangile d’aujourd’hui.

 

Il y a d’abord l’accueil des prophètes. Les prophètes sont toutes ces personnes qui ont fait une expérience du Christ, ces hommes et ces femmes qui ont quelque chose à dire dans l’Église, ceux et celles qui sont en mesure de bien interpréter les événements que nous vivons dans l’Église.

 

Jésus vient de nous dire :
« Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète
. »
On peut penser à cette femme riche qui avait insisté pour qu’Élisée aille manger chez elle, qui avait demandé à son mari de lui aménager une chambre de telle sorte que le prophète pouvait aller chez elle. Un jour, en la quittant, Élisée lui avait dit :
« L’an prochain, tu tiendras un fils dans tes bras. »
Une récompense de prophète. Quand nous accueillons un prophète en raison de son message, à cause du Christ qu’il représente, à cause de l’appel qu’il nous transmet, ça veut dire que nous communions à son message, que nous laissons entrer en nous une nouvelle espérance, et alors nous voyons arriver dans nos vies une fécondité inespérée. C’est pourquoi Jésus nous promet à nous aussi une récompense de prophète.

 

Il y a aussi l’accueil des disciples du Christ, de ces personnes qui ne font que passer dans notre vie, de ces disciples du Christ que nous rencontrons par hasard, qui ne demandent rien, mais qui ont soif, soif d’amitié, de compréhension, d’accueil. Jésus nous laisse entendre qu’il ne faut pas manquer l’occasion de leur donner un petit verre d’eau fraîche.

 

Et il y a un autre accueil, un accueil fondamental, celui-là, l’accueil du Christ qui doit prendre la première place. Jésus nous disait tantôt :
« Celui qui aime son père ou sa mère, son fils ou sa fille, plus que moi, n’est pas digne de moi. »
Il faut comprendre que Jésus ne veut pas diminuer les affections familiales ; il ne veut pas opposer les attachements humains et l’attachement à sa personne comme si c’était irréconciliable. Lui-même, quand il était sur la croix, s’est soucié de sa mère. Ce qu’il nous demande de faire, c’est de ne pas nous laisser arrêter par des liens affectifs dans notre cheminement de foi.

 

Aujourd’hui nous fêtons Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Au 12e siècle, des hommes décident de vivre en ermites dans les grottes du Mont-Carmel en s’inspirant des prophètes Élie et Élisée qui auraient vécu dans ces grottes. Très tôt, ils construisent une chapelle en l’honneur de la sainte Vierge Marie à qui ils portent une dévotion toute particulière et la désignant rapidement comme leur sainte patronne. On raconte même que les Carmes considèrent la fête d’aujourd’hui comme la fête des mères, de leur mère, Marie.

 

À nouveau aujourd’hui, nous sommes appelés à accueillir Marie, à accueillir l’héritage que Jésus nous a légué sur la croix en nous disant :
« Voici ta mère .»
Prenons Marie chez nous, dans notre maison, dans notre cœur. Faisons-lui de la place et nous apprendrons comme elle à accueillir le Messie de Dieu.