Homélie Mgr J-C. Dufour – 15 août 2018 – Assomption de la Vierge Marie – Luc 1, 39-56

 

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 15 août 2018 – Assomption de la Vierge Marie 

( Luc 1, 39-56 )

 

Quelle est belle cette rencontre entre ces deux femmes qui se saluent à la veille du Alliance Nouvelle. Élisabeth est avancée en âge alors que Marie est encore toute jeune. C’est toute l’histoire sainte que ces deux femmes représentent : Élisabeth en raison de son âge représente tout l’ancien testament et ses longs siècles de préparation, et Marie, toute jeune, toute rayonnante, sans tache ni ride annonce la nouveauté.

 

Si ces deux femmes sont très différentes, elles ont en commun leur espérance et leur maternité, une maternité qui les engage dans le plan de Dieu, une maternité qui nous montre que rien n’est impossible à Dieu puisque leurs deux enfants sont les enfants de l’impossible : Élisabeth était stérile et Marie avait décidé de rester vierge. L’un, par miracle est le fils de Zacharie, et l’autre, par miracle, est le propre Fils de Dieu. La rencontre de ces deux mères est déjà rencontre invisible de Jean-Baptiste et de Jésus.

 

Le cri d’Élisabeth annonce ce que l’Esprit Saint vient de lui révéler. « Tu es bénie entre toutes les femmes. »
L’ancienne s’efface devant la jeune mère du Messie; elle donne sa vraie place à Marie en ajoutant que son enfant a tressailli d’allégresse en entendant la salutation de Marie comme pour affirmer que le futur Jean-Baptiste avait tout compris avant elle.
Comme en conclusion, elle déclare :« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

En cette fête de l’Assomption, faut-il s’étonner de voir l’Église célébrer la gloire de Marie qui est avec Dieu au terme de sa vie terrestre, de voir qu’elle est entrée directement dans la gloire de Dieu avec son corps?
Elle a été choisie par l’Esprit Saint pour être la mère du Fils de Dieu. Elle est bénie entre toutes les femmes, la mère de mon Seigneur, déclare Élisabeth?
Même Jean-Baptiste en témoigne déjà dans le sein de sa mère.
L’évangile nous laisse déjà entendre que Marie est ce trésor en qui Dieu a placé son cœur, son avenir, son projet de salut. Parfaite image de Dieu; elle est la première à dire « OUI » et à suivre Jésus jusqu’à la croix sans aucune trahison.

 

Personne n’a regardé Jésus avec autant de profondeur que Marie.
Personne n’a projeté sur Jésus autant d’admiration que sa mère.
Personne n’a vécu aussi proche de Jésus que Marie.
D’habitude, on dit qu’un enfant ressemble à son père ou à sa mère, c’est le contraire pour Marie. Ce n’est pas son fils qui lui ressemble mais elle qui ressemble à son fils.

 

Elle a si profondément regardé son Fils qu’elle est devenue cette femme que les hommes et les femmes déclarent bienheureuse depuis des générations.
Elle a tellement contemplé son Fils qu’elle est devenue la première à rentrer chez Dieu avec son corps glorifié, la première à habiter chez Dieu, la première d’une multitude de ressuscités.

 

La fête de l’Assomption est comme une photographie de l’avenir qui est réservé à ceux et celles qui regardent Jésus jusqu’au point de lui devenir semblable.
Elle est comme un résumé saisissant de toute notre vie de croyant et de croyante.
Pendant toute notre vie, nous passons du temps à regarder Jésus dans les événements que nous vivons, dans sa Parole, dans les sacrements de l’Église, à le regarder dans l’Eucharistie et dans l’adoration de Jésus hostie.
En résumé, on peut dire que, comme Marie, nous cherchons à ressembler à Jésus.
En plus, la fête d’aujourd’hui n’est pas sans nous rappeler que nos corps, nos vies humaines sont destinées à de grandes choses, à être transfigurés.

 

En Marie, Dieu a visité Élisabeth et Jean-Baptiste dans la plus grande discrétion. Lui qui est doux et humble de cœur vient toujours nous visiter dans l’intimité comme dans l’Eucharistie ce matin.
Notre foi et notre espérance sont souvent fragiles. Aussi, de la part de Dieu, Marie vient nous visiter pour nous redire :
« Tu ne sais pas combien le Seigneur est proche de toi! »
À nous maintenant de nous étonner comme Élisabeth de voir ce que le Seigneur fait pour nous et de dire avec elle :
« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? »