Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 Juillet 2018
( Matthieu 10, 16-23 )
Jésus ne cesse de nous envoyer en mission, il ne cesse de nous appeler à témoigner tout en nous rappelant que nous aurons à subir toute sorte d’épreuves et même des persécutions.
Quelle sorte d’images vous faites-vous en entendant le mot « persécution » ?
Ce qu’ont vécu les premiers chrétiens dans les arènes romaines, le martyr des moines de Tibérine assassinés en Algérie, les églises brûlées en Irak ou en Égypte ?
Parfois, on va jusqu’à se demander : « Et si c’était moi ou mes proches, qu’est-ce que je ferais ? »
Après avoir annoncé à ses disciples qu’ils subiront toute sorte d’épreuves, Jésus leur annonce qu’il s’en va à Jérusalem et que là, il sera mis à mort. Lui-même a été rejeté, persécuté, poursuivi dans ses moindres gestes et ses paroles, surveillé, livré, mis à mort, et ressuscité le troisième jour. Pas étonnant que Jésus nous parle de persécutions.
Bien sûr, Jésus ne veut pas nous faire souffrir, mais il veut nous faire comprendre que c’est une exigence de la vie du croyant. Quand on se donne jusqu’au bout, ça suscite des réactions autour de nous. Déjà, au début du sermon sur la montagne, Jésus avait dit à ses disciples :
« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. »
C’est dans une béatitude que Jésus vient nous dire ça, comme pour nous dire qu’il est impossible de vivre vraiment les béatitudes sans que ça suscite des insultes, sans qu’on nous accuse. Ces insultes et ces accusations peuvent venir de partout, même de l’intérieur de l’Église. Mais nous serons heureux, heureuses avec le ressuscité du matin de Pâques.
« Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. »
Le plus grand danger qui nous guette, c’est de nous laisser engloutir par le mal avec tout ce qu’il renferme de perversité et de mensonge, d’injustice et de violence, d’athéisme et de perte des valeurs chrétiennes. Les loups qui nous menacent ne sont pas nécessairement à l’extérieur de nous. Saint Paul, dans son épître aux Galates, laisse entendre que notre pire ennemi peut venir de l’intérieur quand il nous dit :
« Les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. » (Galates, 5,17)
C’est tout le combat de la foi, et un combat qui est de taille. Saint Paul encore disait aux Éphésiens et ça pourrait bien être notre prière ce matin :
« Enfin, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres… des esprits du mal qui sont dans les régions célestes. Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix. »
