Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 août 2018
( Matthieu 17, 24-27 )
Deux hommes viennent à la rencontre de Jésus pour percevoir l’impôt du Temple.
Une fois par année, tous les hommes d’Israël devaient payer un impôt pour le culte du Temple. En principe, Jésus n’était pas obligé de payer un impôt pour le Temple puisque le Temple était la maison de son Père. Mais il le faisait sans doute chaque année comme nous le laisse entendre la réponse rapide de Pierre aux préposés de l’impôt. Jésus aurait bien pu refuser, mais il pense d’abord à son peuple. Mais négliger de payer cette taxe pourrait être vu comme un geste de mépris pour le temple et être ainsi une cause de scandale. Jésus ne veut pas que son attitude soit mal comprise, qu’elle alimente la haine de ses ennemis, qu’elle étonne les gens au point de les empêcher d’écouter son message. L’humilité et la charité commandent parfois de ne pas choquer les autres et de ne pas se défendre.
Si ce geste de Jésus est riche d’enseignement pour notre vie fraternelle, je pense aussi que Jésus voulait instruire Pierre qui aura à vivre des situations semblables quand il sera chef de l’Église.
De fait, on trouve quelque chose de semblable au début de l’Église. Devant la misère des fidèles qui sont à Jérusalem, saint Paul décide d’organiser une collecte. Pour ne pas éveiller de soupçon probablement, Paul écrit aux Corinthiens qu’il s’est adjoint deux personnes. Il écrit : « Nous voulons par là éviter tout reproche à cause des grosses sommes dont nous assurons le service ; en effet, nous nous appliquons à bien agir, non seulement aux yeux du Seigneur, mais aussi aux yeux des hommes. » (2 Cor 8,20-21) Il ne veut rien laisser derrière lui qui pourrait blesser ou faire tomber une sœur ou un frère.
Jésus ajoute une autre délicatesse. Il envoie Pierre à la pêche, lui dit d’ouvrir la bouche du premier poisson qu’il prendra pour y trouver une pièce de monnaie de quatre drachmes en ajoutant : « tu la donneras pour toi et pour moi . » Jésus se solidarise avec Pierre. C’est comme s’il lui disait :
« toi et moi, on a les mêmes problèmes, parfois il faut renoncer à un morceau de liberté pour poser des gestes qui apaisent. N’hésite jamais à le faire, je serai toujours là pour t’aider. »
C’est une pêche miraculeuse que Pierre fait ce jour-là.
Par ce geste, Jésus laisse entendre clairement à Pierre que son aide ne lui fera jamais défaut. Il nous le dit à nous aussi aujourd’hui. Jésus travaillera toujours avec nous quand nous travaillerons pour la paix et nous fera toujours réussir au-delà de ce que nous pouvons imaginer.
