8 Avril 2018 – 2e Dimanche de Pâques « B » – Dimanche de la Miséricorde divine Jean 20, 19-31

 

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 Avril 2018 ( Jean 20, 19-31 )

2e Dimanche de Pâques « B » – Dimanche de la Miséricorde divine

Liturgie des Heures : semaine : II

 

Pendant quelques semaines, nous allons continuer de célébrer la Pâque de Jésus, et bien d’autres passages, bien d’autres Pâques aussi. On vient de voir Thomas passer du doute à la foi, les disciples passer de la peur à la joie. Ce n’est pas parce qu’ils ont vu Jésus, qu’ils ont pu le toucher qu’ils sont devenus des témoins extraordinaires, c’est parce que le ressuscité leur a donné quelque chose de cette vie. Non seulement Jésus était vivant, mais il faisait vivre!

 

La 1e lecture, tantôt, faisait état « de la multitude de ceux qui étaient devenus croyants ». En plus des apôtres, nous allons voir, au cours des prochaines semaines, que la vie du ressuscité a touché beaucoup d’hommes et de femmes au début de l’Église de telle sorte qu’on voit naître les premières communautés chrétiennes. Saint Jean, à la fin de l’évangile, nous laisse entendre que ça va se poursuivre en nous disant que « Ces signes ont été écrits afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom». Jésus continue toujours de répandre son Esprit sur nous pour nous faire vivre de sa vie de ressuscité.

 

La vie du ressuscité, c’est une vie d’amour,
une vie d’amour déposée par le Père comme une perle au fond de notre cœur. La vie du ressuscité, c’est cette vie qui fait de nous des enfants de Dieu, des enfants qui se savent aimés du Père, qui se découvrent frères et sœurs dans la foi, qui sont chemins d’accueil, de partage, comme on le voyait dans la 1e lecture.

 

La vie du ressuscité, c’est une vie de paix!
Deux fois, dans l’évangile Jésus dit : « La paix soit avec vous. » Et un peu plus loin, il ajoute : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis. » La vie du ressuscité, c’est une vie de paix semée au plus profond de nous-mêmes quand nous éprouvons la peur de vivre, quand nous nous enfermons derrière les portes verrouillées de l’égoïsme, du doute ou de l’indifférence.

 

La vie du ressuscité en nous, c’est une vie de confiance en la miséricorde de Dieu,
au milieu des difficultés et des épreuves que nous connaissons. En commençant la prière d’ouverture tantôt, je me suis adressé au « Dieu de miséricorde infinie. » Nous l’avons redit dans le psaume : « Éternel est son amour ». Le pape Jean-Paul II a proclamé ce dimanche « Dimanche de la miséricorde divine. »

 

La vie du ressuscité en nous, c’est proclamer la résurrection de Jésus comme un rayon de lumière aux hommes et aux femmes de notre temps, comme une consolation à tous ceux et celles qui sont affaiblis par la souffrance ou le poids de leurs fautes et qui pourraient bien être tentés par le désespoir.

 

La vie du ressuscité, c’est une vie de lumière,
qui fait voir les aveugles! On n’a pas besoin de nos yeux et de nos mains, comme Thomas, pour croire. Les yeux du cœur suffisent pour voir les signes de la présence du Ressuscité au milieu de nous : dans notre histoire personnelle et communautaire, dans la vie des autres, dans nos assemblées, dans le pain partagé.

 

La vie du ressuscité en nous, c’est une vie forte et puissante!
Une vie qui donne assez de souffle pour soulever les êtres fragiles, les boiteux de la foi que nous sommes parfois pour nous envoyer serrer les personnes marquées par les clous de la souffrance, pour consoler les cœurs transpercés par le chagrin.

 

Cette vie faite d’amour, de paix, de confiance, de miséricorde, de fidélité et de lumière : nous l’avons tous reçue lors de notre baptême. Je vais le dire lors de la bénédiction finale : « Dans le baptême, vous êtes déjà ressuscités avec le Christ ». Nous sommes nés de l’amour éternel de Dieu, et la vie de Dieu semée en nous qui nous permet de grandir, de devenir de plus en plus le Corps du Christ au cœur de l’humanité tout entière.

 

Cette vie de ressuscité, cette vie de Dieu, nous la célébrons ensemble aujourd’hui! Tous, nous pouvons laisser monter de notre cœur et de nos lèvres un chant d’amour et de louange pour cette vie que nous avons reçue et que nous continuons de recevoir en célébrant l’Eucharistie.

D’un même cœur, demandons au Seigneur de nous donner encore plus de sa vie de ressuscité,
de la faire grandir en nous pour que nous devenions davantage ses témoins,
témoins de sa résurrection, au milieu de ce monde qui a tant besoin d’amour et de paix.