6 avril 2018 – Vendredi octave de Pâques Jean 21, 1-14

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 6 Avril 2018 – Vendredi octave de Pâques

( Jean 21, 1-14 )

 

« Et voici comment… »
Ce sont les mots qui ont attiré mon attention quand j’ai commencé à préparer mon homélie. Ce matin-là, Jésus s’était manifesté sur le bord de la mer de Tibériade et saint Jean insiste sur le « Comment », la manière que ça s’est passé. Dans ce « comment », on peut comprendre que saint Jean veut nous apprendre quelque chose.

 

Après la résurrection de Jésus, les apôtres ne savent pas trop comment se resituer. Alors Pierre dit aux six autres qui sont avec lui :
« Je m’en vais à la pêche… Nous aussi, nous allons avec toi
. » Ils reviennent à leur ancien métier de pêcheur sur la mer de Tibériade qu’ils connaissent très bien.
« Ils partirent et montèrent dans la barque; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. »
J’imagine que ce n’était pas la première fois qu’ils revenaient bredouilles.

 

Au petit matin, sur le rivage qui leur est aussi familier, il y a un homme qui leur demande :
« Auriez-vous quelque chose à manger? »
J’imagine aussi que ce n’était pas la première fois non plus qu’ils se faisaient poser une question pareille. Quand ils revenaient de la pêche, il y avait sans doute des gens qui s’approchaient pour savoir s’ils avaient pris du poisson pour être en mesure de s’en procurer.

 

« Et voici comment… »
C’est dans cette activité quotidienne, la plus ordinaire, celle de tous les jours que Jésus prend l’initiative de venir les rejoindre. Ils ont du mal à le reconnaître parce qu’ils ne sont pas encore très familiers avec la personne de Jésus Ressuscité.

 

Après la grande fête de Pâque, nous sommes revenus, nous aussi, à nos activités ordinaires, à nos occupations de chaque jour. Et c’est là que le Ressuscité prend l’initiative de nous rencontrer, c’est là qu’il veut agir. Le temps pascal veut nous aider à comprendre que chaque jour de notre vie se passe avec le Ressuscité. C’est pour ça les apparitions de Jésus, pour nous aider à entrer en relation avec le Ressuscité dans notre vie ordinaire.

 

Les apôtres ont pêché toute la nuit sans rien prendre. Après avoir pêché à la recherche du bonheur dans toutes nos activités, on peut avoir l’impression de revenir les mains vides, d’avoir pêché sans rien prendre. Et Jésus pourrait bien venir nous dire comme ce matin-là
« Auriez-vous quelque chose à manger? »
Remarquez bien que c’est Jésus qui leur donne à manger sur le rivage :
« Il prend le pain et le leur donne; et de même pour le poisson
. »
Notre vie est pleine de faims, de besoins : besoin de parler et d’être écouté, besoin d’être réconforté et de réconforter, besoin d’être pardonné et de pardonner. Quel est ce besoin que le Christ peut nourrir en ce moment?

 

Le Ressuscité sur le rivage demande aux apôtres de jeter leur filet à droite de la barque. Ayant pêché toute la nuit, j’imagine que ça leur a pris une bonne dose de confiance pour accepter de le faire, mais c’est à ce moment-là qu’ils ont pris une grande quantité de poissons. Peut-être que c’est ça que le Ressuscité nous demande quand la vie nous paraît décevante. Il nous demande de jeter notre filet à droite, de projeter un autre regard sur notre vie quotidienne, un regard de foi.

 

C’est ce regard de foi qui nous permet de reconnaître les signes du Ressuscité dans notre vie quotidienne. Et ça va un peu plus loin.
« Le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur
. »
Jean a su reconnaître le ressuscité sur la rive et il l’a dit aux autres. On peut apprendre ça de saint Jean, apprendre à dire aux autres notre foi dans Celui qui est sorti du tombeau le matin de Pâques.