29-mars-2018 Jeudi Saint-Jean 13, 1-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 29 Mars 2018 – Jeudi Saint

( Jean 13, 1-15 )

Partout dans le monde, ce soir, des communautés d’Église se rassemblent pour célébrer la dernière Cène du Seigneur. Nous le faisons en communion avec elles. Je veux d’abord m’arrêter à la première lecture parce qu’elle nous aide à comprendre ce que Jésus célébrait avec ses disciples ce soir-là.

 

Comme partout en Israël, ce soir-là, Jésus et ses disciples célébraient la grande fête de Pâque. Ils le faisaient pour se rappeler que leur peuple avait vécu en esclavage en Égypte, victime d’une lourde oppression, et que Dieu lui-même était intervenu pour le libérer. En souvenir de leur libération, ils se réunissaient en famille, et si la famille était trop petite, avec des gens du voisinage pour célébrer le repas pascal. Et ce repas, ils devaient le célébrer en tenue de voyage parce qu’ils s’en allaient toujours vers un pays où ils trouveraient la liberté. C’est au cours de ce repas bien spécial que Jésus a institué l’Eucharistie.

 

Ça a dû être un moment unique pour Jésus. Il était venu pour nous libérer, nous faire passer de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie. Ce soir, en célébrant l’Eucharistie, nous fêtons la liberté que Jésus est venu nous apporter, mais cette liberté n’est pas seulement en arrière de nous, elle est toujours en avant. Ce n’est pas un souvenir que nous fêtons, mais notre marche vers un pays de liberté, une marche avec le Christ, une lutte avec lui pour la conquérir. Aussi, il nous faut apprendre à célébrer l’Eucharistie en tenue de voyage parce qu’on a du chemin à parcourir. Les trois jours qui précèdent la fête de Pâque nous le rappellent; nous sommes « appelés à la liberté ».

 

« Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche. »
Comme le repas pascal chez les Juifs, l’Eucharistie garde toujours cette dimension communautaire. Ce n’est pas une personne qui est sauvée, mais le peuple tout entier qui fête sa libération. Comme je l’ai dit au début, c’est avec toute l’Église que nous faisons mémoire du dernier repas de Jésus.

 

Il peut nous sembler étrange qu’au soir du jeudi saint, au moment où Jésus inaugure l’Eucharistie, l’Église retienne l’évangile de saint Jean qui ne parle pas de l’Eucharistie, mais il faut dire qu’il nous en donne le sens profond.

 

Nous venons de voir Jésus laver les pieds de ses disciples, un service que les esclaves devaient rendre à leur maître. Ce geste de Jésus est un signe d’amour pour les siens. Il nous a toujours enseigné qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Demain, il nous donnera la preuve suprême de son amour. Par ses gestes, Jésus nous apprend que l’amour doit se traduire, pas seulement par des paroles, mais par des gestes concrets, autrement c’est juste du rêve.

 

Celui qui a versé son sang pour nous et pour la multitude vient toujours se donner à nous dans l’Eucharistie; il se donne pour nous communiquer sa vie, son amour. Un des grands messages de ce jeudi saint, c’est que Jésus vient faire de nous ses amis.

 

 « Vous ferez cela en mémoire de moi»
À nouveau, nous sommes rassemblés pour proclamer la mort du Seigneur, célébrer sa résurrection et lui redire que nous attendons sa venue dans la gloire. Ce soir-là, avec ses disciples, Jésus célébrait la première alliance, mais il venait inaugurer une alliance nouvelle et éternelle qui vient nous révéler l’amour extraordinaire de Dieu pour toute l’humanité. Nous n’aurons jamais fini de méditer sur cette générosité qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.

 

Seigneur, donne-nous de répondre à ton amour en toute humilité.
Donne-nous de t’aimer dans l’amour que tu as
pour chacun et chacune de nous, que nous soyons proches ou distants.
Donne-nous de nous aimer les uns les autres comme toi, tu nous aimes.