Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 Avril 2018 – Samedi 4e Semaine de Pâques
( Jean 14, 7-14 )
Dans l’évangile hier, Jésus parlait de la maison du Père à ses disciples en leur disant qu’il y avait beaucoup de places dans cette maison, qu’il partait pour leur en préparer une et qu’il reviendrait pour les amener auprès de lui. À ses disciples bouleversés, il avait déclaré que c’était lui le chemin qui conduit à la maison du Père. On comprend que Dieu, en Jésus, est descendu sur la terre, tout seul, mais qu’il veut remonter au ciel avec tous ceux et celles qui acceptent de lui faire confiance en marchant avec lui.
En joignant les deux évangiles, celui d’hier et celui d’aujourd’hui, on constate que Dieu n’est nommé qu’une seule fois, mais que le Père est nommé treize (13) fois. C’est très révélateur. Parfois, dans notre monde, on a l’impression que tout le monde connaît Dieu, et à partir de l’image qu’on se fait de lui, ou bien on le rejette ou bien on l’accepte. Pourtant dès les premières lignes de son évangile, saint Jean nous dit :
« Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître » (Jean 1,18).
Lorsque Jésus nous parle de Dieu, il l’appelle « Père », c’est évident dans l’évangile de ce matin. Pour bien se faire connaître, Dieu a voulu faire l’expérience de la vie humaine. C’est le mystère de l’Incarnation. On ne peut pas avoir de meilleure nouvelle. Comme je l’ai dit tantôt, Dieu s’est approché de la terre en Jésus, pour faire remonter avec lui tous ceux et celles qui acceptent de leur faire confiance, pour les conduire dans sa demeure céleste qu’on appelle le paradis.
Pour être « père » il faut avoir des enfants, au moins un ! Et Jésus se présente comme le Fils.
« Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. »
C’est pour cette raison que Jésus peut nous dire à deux reprises
« Je suis dans le Père et le Père est en moi. »
Le Père et le Fils sont unis par le même Esprit, une Esprit d’amour qui exclut toute division.
Et cet Esprit d’amour qui unit le Père et le Fils, c’est le même Esprit qui fait de nous des enfants à la manière de Jésus. Jésus l’avait dit à Nicodème, une bonne nuit, en lui disant qu’il lui fallait naître de nouveau. Saint Paul disait aux Romains
« En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! » (Romains 8,14-15)
Dieu, c’est une présence mystérieuse qui vient habiter en nous, qui nous permet de vivre une grande intimité avec lui. Ça a été la grande découverte d’un Juif converti (Jean-Marie Setbon) qui disait :
« le régime juif, c’est la Loi de Moïse, le régime chrétien, c’est la foi au Christ. Dans le régime juif, Dieu ne rencontre pas un homme mais un peuple, dans le régime chrétien, c’est le Christ qui va à la rencontre des personne une par une. »
« Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »
Au mois d’octobre, il y aura les élections provinciales. Nous irons voter. Plusieurs candidats souhaitent devenir premier ministre mais un seul sera élu et pour quelques années seulement. Aujourd’hui, Jésus sollicite notre vote, pas pour un mandat de quelques années, mais pour toujours. Son programme est tout simple et ses promesses sont connues : faire entrer le plus grand nombre possible d’humains dans son Royaume.
