27-décembre-2017

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 Décembre 2017 – Saint Jean, titulaire de notre chapelle

( Jean 20, 2-8 )

 

Avant les fêtes, je suis allé célébrer la messe en paroisse. Après la messe, il y a un monsieur qui voulait me parler. Au fil de notre conversation, j’ai vu, à plusieurs indices, qu’il avait bien du mal avec le mystère de l’Incarnation. Le connaissant comme un bon croyant, ça m’a déçu au début, mais ensuite, je me suis demandé : avons-nous vraiment pris la mesure de ce qui se passe dans le mystère de l’Incarnation?

 

Comprenons-nous ce que signifie « Il s’est fait pauvre de riche qu’il était » (2 Cor 8,9)? Le créateur qui choisit de se faire créature, semblable à nous, dépendant des autres, d’avoir besoin de nourriture, de vêtements à porter, d’avoir besoin de repos, d’être fatigué comme nous. Dieu infiniment grand qui se fait tout petit. Dieu sans limites qui entre dans nos limites humaines pour nous rejoindre, comme pour nous aider à nous réconcilier avec nos propres limites.

 

La grandeur de Dieu est de s’être fait petit. La puissance de Dieu, c’est sa fragilité, la fragilité d’un enfant déposé dans une crèche, à la merci des puissants de son temps, la fragilité d’un condamné à mort sur une croix, la fragilité de l’eucharistie quand il se livre entre nos mains.

 

Un jour, un docteur de la Loi demanda à Jésus « Qui est mon prochain? » et Jésus lui répondit avec la célèbre parabole du bon Samaritain. (Luc 10,29-37) Jésus lui a fait comprendre que le prochain, c’est le samaritain qui s’est approché de l’homme blessé. Le prochain, c’est celui ou celle qui se fait proche de l’autre. En Jésus, Dieu s’est approché de nous. Le Concile Vatican II a très bien décrit le mystère de l’incarnation en écrivant du Fils de Dieu « Il a travaillé avec des mains d’homme, il a réfléchi avec une intelligence d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. » (Gaudium et Spes no 22)

 

Aujourd’hui, nous fêtons l’apôtre saint Jean, le disciple que Jésus aimait, le titulaire de la chapelle. L’évangile nous le présente comme un grand croyant. Le tombeau vide pour lui ne signifie qu’une chose, Jésus est vivant avec son corps. Le tombeau vide, c’est le signe de la victoire du Christ sur la mort. Pour saint Jean, Jésus n’a jamais été aussi présent qu’à ce moment-là. « Il vit et il crût » (Jean 20,8). C’est sobre comme expression, mais il faut comprendre que la foi de Jean jaillit comme un cri de triomphe, comme un cri qui résonne au plus profond de son cœur. Dans son cœur d’apôtre, tout devient nouveau, tout est joyeux et splendide.

 

Pour lui, Jésus est vivant, il est la vie, il faut qu’il aille le crier au bout du monde comme on le voyait dans la première lecture où il témoigne du mystère de l’incarnation.

 

« Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. » « Nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. »

 

La joie qui habite le cœur de saint Jean, elle est pour nous aussi. Sous l’emprise de l’Esprit saint, comme saint Jean, regardons le Christ ressuscité :

« Là où règne la haine, il apporte l’amour. Là où les hommes se déchirent, il propose sa paix. Là où les hommes trébuchent dans la noirceur,il resplendit comme la lumière du monde. »