Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 Avril 2018 – Vendredi 4e Semaine de Pâques
( Jean 14, 1–6 )
« Nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous connaître le chemin?
C’est la question du petit enfant perdu qui cherche son chemin. Cette question de Thomas et la supplique de Philippe nous font voir que les Apôtres sont bouleversés pour ne pas dire angoissés. Jésus s’en rend bien compte puisqu’il leur dit :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé » .
Je pense bien qu’il vient nous le dire à nous aussi en ajoutant :
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».
« Je suis le Chemin »
Le chemin d’Abraham qui quitte son pays pour s’en aller vers la terre promise par Dieu, c’est Jésus. Le chemin que les Juifs ont pris pour revenir en Terre Promise, c’est Jésus. La colonne de nuée qui leur montrait le chemin à travers le désert, c’est encore Jésus. Celui qui nous guide, c’est toujours Jésus. C’est lui le chemin qui nous conduit au Père, il n’y en a pas d’autres que lui.
« Je suis la Vérité »
Les philosophes, les savants, les maîtres spirituels des grandes religions veulent nous dire la vérité. Mais personne ne peut nous dire la vérité sur Dieu mieux que Jésus, Fils de Dieu, qui n’a cessé de nous révéler un Dieu de miséricorde et de pardon pour nous ouvrir, chaque fois, un chemin nouveau.
« Je suis la Vie »
La vie, cette vie qui nous paraît si fragile, c’est ce qui compte le plus pour nous. Et cette vie qui est la nôtre, on la veut la plus parfaite possible, on la veut pour toujours, on la veut éternelle. Jésus est la vie. Il suffit de nous rapprocher de Lui pour trouver la vie, la joie de la présence de Dieu dans nos cœurs. Celui que le Père a ressuscité le matin de Pâques est lui-même la vie éternelle que personne d’autre ne peut nous donner.
On pourrait donner comme titre à cet évangile « Le courage de l’abandon », pas dans le sens de la démission, mais dans le sens de la confiance, de cette confiance que Jésus a montrée lui-même au cours de sa Passion, sachant très bien qu’il ne marchait pas tout seul, que son Père était avec lui. Le courage de l’abandon, c’est de tout faire comme si tout dépendait de nous, mais en nous fiant totalement à Dieu parce que nous savons qu’il nous accompagne sur le chemin.
Après la résurrection de Jésus, on voit que les Apôtres vivaient le courage de l’abandon à la volonté de Dieu. Ils ont choisi de tenir bon, de rester branchés sur la Parole de Jésus qui n’avait cessé de leur dire
« Ne soyez pas inquiets, ayez confiance en moi, je suis le chemin »
Sainte Zita dont c’est la fête aujourd’hui a vécu le courage de l’abandon, de la confiance.
En voyant vivre le curé d’Ars, un incroyant disait qu’il n’avait pas les yeux faits comme les autres. Un autre ajoutait
« On était tellement frappé par son regard qui vous transperçait et semblait voir les choses de l’autre monde. »
Un regard pareil ne pouvait provenir que de la contemplation.
C’est parce que nous n’avons pas les yeux faits comme les autres que nous pouvons rendre grâce dans cette eucharistie. Jésus ne nous demande pas de fermer les yeux sur notre avenir, mais de projeter sur lui le regard de Dieu. Puisse cette Eucharistie nous aider à avoir le regard de Dieu, à entrer dans ce courage de l’abandon, de la confiance à la manière de Jésus.
