Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 Mars 2018 – Lundi saint
( Psaume 26 (27) )
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut »
J’ai choisi de m’arrêter sur le psaume, ce matin. On pourrait dire que c’est le chant d’un pèlerin en route vers Jérusalem. De tout son cœur, il a hâte d’arriver au Temple, de pouvoir y demeurer pour savourer la présence du Seigneur. Et pourtant on voit qu’il vit un curieux mélange de joie et de peur, ce curieux mélange de joie et de peur qui habite le cœur humain. D’abord rempli d’enthousiasme, il s’inquiète ensuite des dangers qu’il pourrait rencontrer sur la route et mettre fin à son désir de rencontrer Dieu. Les routes étaient souvent dangereuses; il s’inquiète des méchants ou des ennemis qui pourraient l’attaquer et le blesser. Mais sa confiance dans le Seigneur ravive son espérance et lui donne du courage pour l’avenir. Il est sûr que le Seigneur l’accompagne.
« J’en suis sûr (dit-il), je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants ».
En ce lundi saint, dans ce pèlerin qui monte à Jérusalem, nous pouvons facilement voir Jésus. En route depuis trois ans, il a poursuivi sa mission avec courage, ses enseignements ont porté du fruit, il s’est entouré de disciples. Mais les obstacles se présentent de plus en plus sur la route; la pression monte, l’étau se resserre de plus en plus.
Comme le pèlerin du psaume, Jésus monte à Jérusalem. Ce sera son dernier voyage. Il connaît lui aussi un curieux mélange de confiance et de crainte. Très lucide, il voit bien que ses ennemis s’approchent, qu’ils veulent le blesser et même le tuer. Au jardin de Gethsémani, tout en ressentant que son Père est proche, il est saisi de frayeur devant l’épreuve qui l’attend. Il veut en être libéré; il supplie son Père d’éloigner de lui ce calice de souffrances. Mais avant tout, il veut accomplir sa volonté. Après avoir prié dans le jardin, il ira jusqu’au bout de sa mission parce qu’une certitude profonde l’habite. C’est saint Jean qui nous le dit :
« Je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi ». (Jean 16,32)
Cette semaine, nous accompagnerons Jésus sur la route du Calvaire. Notre vie, comme celle du pèlerin, est un curieux mélange de confiance et de crainte. Qu’est-ce qui nous guide, dans notre vie? La confiance dans l’avenir ou la peur? Qu’est-ce qui a besoin d’être converti en nous pour que nous puissions retrouver notre espérance, redécouvrir les bontés de Dieu à notre endroit, les faveurs de celui qui est notre lumière et notre salut.
Comme le pèlerin en route vers Jérusalem, alors que nous accompagnons Jésus jusqu’au Calvaire, creusons en nous ce désir qui déjà nous habite, celui de retrouver la confiance et l’espérance, de faire la volonté du Père comme Jésus, en disant comme le psalmiste :
« J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. »
Prions Jésus d’animer toute notre vie d’un seul désir, le sien, celui de vivre dans l’amour de Dieu, et tout le reste s’ensuivra.
