25-février-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 25 Février 2018

2e SEMAINE DU CARÊME « B » ( Marc 9, 2-10 )

Liturgie des Heures semaine : II

 

Chaque fois qu’il y a des guerres, des conflits, des misères dans notre monde, l’ONU intervient, propose des chemins de paix, des chemins de réconciliation et d’alliance. Mais aussi longtemps que les propositions de paix ne sont pas accueillies, ni acceptées, impossible de faire alliance.

 

Notre carême est un peu comme ça! Dans la première lecture dimanche dernier, le mot « alliance » revenait cinq fois. À la fin de la lecture, Dieu disait :
« Je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants. »
Chaque dimanche du carême, la Parole nous propose un chemin, une démarche concrète pour entrer dans l’alliance que Dieu nous propose.

 

On le voyait déjà dimanche dernier. Parlant de Jésus, l’évangile disait
« Aussitôt, l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours »
Pendant quarante jours, Jésus a vécu des temps de tentations, des moments de lutte contre le mal, et sans doute aussi, des temps d’écoute de son Père et des temps de méditation. Jésus a eu besoin de revenir aux sources avant de se mettre en marche et d’entreprendre sa mission sur les routes de la Galilée. Pour nous permettre d’entrer en alliance, le carême nous invite à revenir aux sources comme Jésus, c’est-à-dire à nous dépouiller de ce qui n’est pas nécessaire, d’accueillir en nous et pour nous la grâce de Dieu. C’était le premier chemin pour garder l’alliance.

 

Aujourd’hui, toujours pour embarquer dans l’alliance, l’évangile nous indique un deuxième chemin. Pierre, Jacques et Jean entendent une voix qui provient de la nuée :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le! »
L’écoute, un chemin indispensable pour vivre en alliance avec Dieu. On ne peut pas se dire des alliés de Dieu, se dire ses amis si on ne sait pas l’écouter.

 

Ce n’est pas pour rien que les Juifs s’arrêtent trois fois par jour pour réciter le grand commandement qui, il ne faut jamais l’oublier, commence toujours par ces mots :
« Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique. »

 

Elle a l’air bien simple cette petite phrase qui nous invite à écouter le Fils bien-aimé, mais on sait par expérience que ce n’est pas aussi facile que ça. Les parents en savent quelque chose, eux qui doivent apprendre à leurs enfants à écouter, et qui doivent eux aussi prendre tout le temps nécessaire pour les écouter. C’est encore bien moins facile d’écouter quand le mot prend le sens « d’obéir ». Quand les parents disent à leur enfant « tu vas faire telle ou telle chose », ils ne s’attendent pas que ça rentre par une oreille pour sortir par une autre.

 

C’est facile d’écouter les paroles du Fils bien-aimé en tendant l’oreille, mais pas mal moins facile de les écouter en ouvrant notre cœur. C’est bien facile de dire que les enseignements de Jésus sont bien beaux, mais pas mal moins facile de les mettre en pratique. Écouter Jésus, c’est lui faire confiance, c’est consentir à vivre en nous unissant à sa pensée et à sa volonté. Écouter Jésus, c’est graver ses paroles dans notre cœur pour qu’elles orientent notre vie. C’est le chemin que l’évangile nous invite à prendre aujourd’hui pour nous garder en alliance.

 

Pour apprendre vraiment à écouter, je pense qu’il faut prendre le temps de regarder Jésus. S’il a écouté son Père jusqu’au bout, c’est qu’il l’aimait infiniment. L’amour était la source de son écoute. Ça l’a amené loin, jusqu’à la mort sur une croix et jusqu’à sa résurrection le matin de Pâques. Enracinés dans l’amour de Dieu, nous pouvons écouter le Fils bien-aimé. Et pour nous aussi ça peut aller très loin. C’est Jésus qui nous le dit :
« soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

 

Quand on demande aux enfants d’écouter, ils demandent pourquoi. On peut se poser la même question « pourquoi écouter le Fils bien-aimé? » Parce qu’il nous fait connaître Dieu et son projet d’amour, parce que nous croyons qu’il est le chemin, la vérité et la vie, parce qu’Il est la source du salut, parce qu’Il est la réponse de Dieu à notre quête de bonheur, parce que c’est en lui qu’on peut trouver un sens à notre vie. Cette manière d’écouter est bien plus qu’une exigence, c’est une grâce. Pendant notre célébration, demandons au Seigneur nous remettre l’Esprit de son Fils, de nous donner la grâce de son écoute et d’y trouver notre joie.
« Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent ». (Luc 11,28) Chemin d’alliance!