Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 25 Avril 2018 – Saint Marc, évangéliste
( Marc 16, 15-20 )
Saint Marc n’était pas un des douze choisis par Jésus, mais on croit qu’il faisait partie du groupe des soixante-douze disciples du Jésus. On sait qu’il a d’abord accompagné saint Paul dans ses voyages missionnaires pour ensuite s’attacher à ceux de saint Pierre qui l’appelait son propre fils. On dit que l’enseignement de saint Pierre à Rome avait tellement rayonné que les nouveaux convertis supplièrent Marc de le mettre par écrit. C’est sous l’inspiration du chef des Apôtres et à la demande des Chrétiens de Rome que Marc a écrit l’évangile qui porte son nom.
Marc vient de nous rapporter une parole de Jésus :
« Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »
Il a vu comment cette Parole se réalisait. C’était la première chose que Jésus avait demandée à ses disciples, de proclamer la Bonne Nouvelle. Il ne leur a pas demandé d’être de bons historiens, de faire un beau reportage sur lui, de raconter une belle histoire, mais de dire qu’un beau matin, il est sorti vivant d’un tombeau, de dire qu’il est bien vivant et agissant encore aujourd’hui. Il s’agit d’une Parole toujours prête à se dire, toujours prête à être écoutée.
Ce que Jésus demande à ses disciples de proclamer est tellement bien traduit dans le refrain du psaume de ce matin :
« Ton amour, Seigneur, sans fin, je le chante ».
Saint Marc n’insiste pas sur les apparitions de Jésus. Il le décrit plutôt comme quelqu’un qui surprend par des gestes vrais, par des visitations heureuses, des gestes de compassions. Pour Marc, c’est la manière de vivre de Jésus qui fait sens. Et cette manière de vivre de Jésus ne se traduit que par un seul mot, aimer, un mot qui ressuscite la vie, un mot qui permet de supporter beaucoup de choses, un mot qui traduit le désir de tout être humain. C’est ça que les premiers disciples proclamaient, une manière de vivre qui s’était enracinée en eux, un amour qui avait jailli le matin de Pâques, un amour bien plus puissant que le Vendredi saint.
Chanter avec le psalmiste « Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante »,
ce n’est pas trop difficile. Ce qui est difficile, c’est de se mettre en état de service, de vivre ce que nous chantons. Chanter avec notre voix, oui, mais chanter surtout avec notre vie. C’est s’assurer que notre message ne sera jamais silencieux.
« Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ».
Jésus, dans l’évangile, nous donne des moyens bien concrets de le faire, trois moyens de vivre ce que nous chantons.
« Ils chasseront les esprits mauvais! »
C’est le combat de ceux et celles qui luttent contre les forces du mal et toutes les formes d’oppression! C’est le combat que nous menons pour notre propre libération, pour notre propre conversion.
« Ils parleront un langage nouveau! »
Très tôt, les disciples se sont rendu compte que la Parole de Dieu rejoignait d’autres nations, dans d’autres langues : les samaritains, les Grecs, les Romains. Pas besoin d’aller loin! On peut voir autour de nous que la Parole de Dieu a fait son chemin dans d’autres nations.
« Ils imposeront les mains aux malades! »
Soigner, guérir, venir au secours de ceux et celles qui sont en détresse.
« Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ».
Comme je le disais dans la prière d’ouverture, ce sont les moyens de marcher sur les traces du Christ.
