Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 24 Janvier 2018
( Marc 4, 1-20 )
Quand j’ai commencé à regarder les textes de cette célébration, je me suis arrêté tout de suite à la petite phrase du prophète Jérémie dans l’antienne d’ouverture :
« Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur : ils vous conduiront avec intelligence et sagesse. »
Cette petite phrase du prophète révèle tout un engagement et toute une promesse de la part de Dieu, et en même temps, tout un défi pour les pasteurs d’aujourd’hui. Je sais que ce n’est pas en dehors de vos préoccupations. S’adressant aux Servantes de Jésus Marie, la congrégation des religieux écrit dans un décret datant de 1986 : c’est votre désir que « toute votre vie soit sacrifice de louange, uni à celui de Jésus Prêtre et Hostie pour que se réalise par les prêtres l’éternel dessein du Père ». (Décret de la congrégation pour les religieux.)
J’ai dit tantôt que la petite phrase du prophète Jérémie représente tout un défi pour les pasteurs d’aujourd’hui. Aussi, pour les aider, le pape François leur propose de s’entraîner à trois actions : chercher, inclure et sourire, des actions un peu surprenantes à première vue. Et ces trois actions, je pense qu’on peut tous en tirer quelque chose pour notre vie.
Première action suggérée par le pape François,
chercher, chercher à la manière de Dieu, c’est-à-dire comme le bon berger, partir « à la recherche de la brebis perdue » (Luc 15,1-7). Autrement dit, il n’est pas centré sur lui-même, ce n’est pas lui qui passe en premier, mais l’autre, celui ou celle qui a besoin. Comme le bon berger, son cœur demeure inquiet aussi longtemps qu’il n’a pas trouvé la brebis égarée.
Deuxième action suggérée par le pape François,
inclure. Ça veut dire ne mettre personne dehors, mais accueillir, faire de la place. Un pasteur selon le cœur de Dieu n’exclut personne de son cœur, de sa prière, de son sourire. Comme le Père de l’enfant prodigue, il accueille avec un regard invitant. Il est proche de tous ceux et celles qui le Seigneur lui confie par l’Église. Je cite le pape François :
« Il écoute les problèmes avec patience et il accompagne le cheminement des personnes, accordant le pardon divin avec une généreuse compassion. Il ne gronde pas celui qui laisse ou qui perd la route, mais il est toujours prêt à réinsérer et à calmer les querelles. C’est un homme qui sait inclure. »
Troisième action suggérée par le pape François,
se réjouir à la manière de Dieu. La joie de Dieu, c’est celle du berger qui a retrouvé la brebis perdue,
« de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue! » (Luc 15,6)
La joie de Dieu ressemble à la joie de cette femme qui, après avoir allumé une lampe et balayé la maison, retrouve la pièce de monnaie qu’elle avait perdue.
« Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue! » (Luc 15,9)
La joie du pasteur, comme la joie de Dieu, c’est celle qui naît du pardon, d’être un canal de la miséricorde de Dieu. La joie du pasteur, c’est d’aider les gens à s’approcher près du cœur de Dieu. C’est la joie du fils qui revient à la maison, la joie de la vie qui renaît, pas une joie pour lui, mais une joie pour les autres, la vraie joie de l’amour.
« Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur. »
Accueillons cette promesse du Seigneur, cet engagement qu’il prend, comme un don de son amour et remercions-le au cours de notre célébration. Et puisque la petite phrase de Jérémie représente tout un défi pour les pasteurs d’aujourd’hui, portons cet immense défi dans notre célébration. Et puisque la petite phrase de Jérémie représente tout un défi pour les pasteurs d’aujourd’hui, portons cet immense défi dans notre prière.
