22-décembre-2017

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 22 Décembre 2017

( Luc 1, 46-56 )

 

À trois jours de Noël, avant que les bergers entendent les anges chanter, la liturgie nous invite à l’avance à la joie de Noël en nous faisant entendre les chants de joie de deux femmes qui ont bénéficié des merveilles de Dieu dans leur vie : Anne, la mère de Samuel, et Marie, la mère de Jésus.

 

L’époux d’Anne, Elcana, avait deux épouses. La première qui avait déjà plusieurs enfants se moquait de la deuxième, Anne, qui, elle, désirait en vain avoir un enfant. Chaque jour, elle se rendait au Temple pour supplier le Seigneur de lui en accorder un. Elle y va tellement souvent que le prêtre Éli la remarque. Toujours est-il que le Seigneur fait merveille en elle en lui accordant un fils. Alors Anne exulte de joie « Mon cœur exulte à cause du Seigneur; mon front s’est relevé grâce à mon Dieu ». Anne chante toute sa reconnaissance dans ce cantique que nous avons chanté nous aussi après la première lecture.

 

Remplie de gratitude, elle se rend auprès du prêtre Éli et lui dit que le Seigneur a écouté sa prière en lui donnant un enfant et elle ajoute « à mon tour, je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose ». Le geste de cette femme m’invite à la prière. J’ai le goût aujourd’hui de prier pour ces jeunes parents qui viennent d’avoir en enfant, le prier pour qu’ils aient le goût de rendre grâce au Seigneur pour le don d’un enfant, et le prier encore pour qu’ils aient le goût de le présenter au Seigneur pour le baptême.

 

Le Magnificat de Marie comme celui d’Anne est lui aussi cri de louange et de joie.

 

La première joie de Marie,
c’est de reconnaître en Dieu son sauveur, de reconnaître que Dieu l’a sauvé en écartant d’elle les ronces qui auraient pu se trouver sur son chemin comme nous l’avons souligné en célébrant l’Immaculée Conception, en reconnaissant que Marie a été préservée du péché dès sa conception.

 

La deuxième joie de Marie,
c’est de constater que Dieu l’a regardée.
« Mon esprit exulte en Dieu… il s’est penché sur son humble servante ».
Le puissant vient au-devant d’une humble jeune fille de Nazareth, un coin perdu, pour en faire la mère de son Fils. Ce regard que Marie a senti sur elle quand l’ange lui a parlé, elle ne le quitte plus des yeux. Le regard de Dieu sur elle, c’est toute sa richesse, toute sa certitude, toute son espérance.
Je pense que nous avons tous vécu des moments dans notre vie, plus ou moins intenses, où nous avons pu dire : « Il m’a regardé (e) ». On pourrait revoir ces moments de notre vie dans des temps de silence et de foi. Nous savons que le Seigneur se manifeste toujours aux plus faibles et aux plus petits, lui qui veut naître dans nos cœurs malgré nos limites et nos imperfections.

 

La troisième joie de Marie
s’enracine dans les grandes choses que le Seigneur a réalisées en elle. « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu ».
C’est à Nazareth, sous l’ombre de l’Esprit, que se poursuit la gestation humaine du Fils de Dieu.

 

À trois jours de Noël, la liturgie nous prépare à cette grande fête en nous faisant part du cantique d’Anne et de celui de Marie. Elle nous invite, comme ces deux femmes, à découvrir les bienfaits de Dieu dans nos vies, à lui chanter notre chant d’Action de grâce, notre Magnificat, au moment même où le Seigneur se donne à nous dans l’Eucharistie.