Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 Février 2018
( Luc 11, 29-32 )
Si vous vous rappelez un peu, au début du mois on avait cette lecture où la reine de Saba venait rendre visite au roi Salomon. Les deux étaient vus comme des super-grands. Et je vous avais dit à ce moment-là que ça donnait toute une profondeur à la déclaration que Jésus nous fait dans l’évangile d’aujourd’hui quand, parlant de la reine de Saba, il dit :
« Elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. »
La sagesse de Salomon! Déjà avant de mourir, son père, le roi David avait transmis de bons conseils à son fils qui allait devenir roi. Il lui conseillait surtout de marcher dans le chemin de Dieu et de respecter ses lois. C’était déjà d’une grande sagesse.
Au début du mois, nous avons entendu la prière du roi Salomon qui, encore tout jeune, demandait à Dieu la sagesse pour bien gouverner son peuple et Dieu lui avait répondu favorablement. Jésus dans l’évangile faisait allusion à la reine de Saba qui était partie de loin pour venir écouter Salomon. Mais le premier livre des rois nous dit : « Et l’on venait de tous les peuples pour entendre la sagesse de Salomon, on venait de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu parler de sa sagesse. » (1 Roi 5,14)
C’était quelque chose la sagesse de Salomon!
Et pourtant Jésus déclare aux foules :
« Et il y a ici bien plus que Salomon »
Tout de suite après la présentation de Jésus au Temple, saint Luc nous dit :
« L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »
Plus tard, frappés d’étonnement dans la synagogue, les auditeurs de Jésus disaient :
« D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? » (Matthieu 13,54)
Aujourd’hui, dans l’évangile, Jésus s’adresse aux hommes de sa génération qui, séduits par leur propre sagesse, sont incapables de reconnaître en Jésus celui en qui Dieu a mis tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. La reine de Saba, une étrangère, était partie des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon alors que les auditeurs de Jésus sont incapables de reconnaître que Jésus est plus grand que Salomon. Ils se détournent de celui qui est venu leur dévoiler les mystères du Royaume dans leur propre langue.
Un jour, Jésus annonçait à ses apôtres qu’ils allaient vivre des moments difficiles en ajoutant :
« C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer » (Luc, 21,15)
Quand Jésus dit :
« C’est moi qui vous donnerai une sagesse »,
il nous fait comprendre que sa sagesse ne s’achète pas, qu’elle ne se mérite pas, qu’elle ne s’obtient pas par une grande intelligence ou par des années d’efforts et de recherche. La sagesse de Jésus est un don de Dieu.
J’ai remarqué qu’à l’entrée du couvent, il y a une prière qui est affichée.
« Mon Dieu, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer ce que je peux et la sagesse d’en faire la différence.
Comme le roi Salomon, demandons à Dieu dans notre prière de nous accorder la sagesse. Saint Jacques nous invite lui aussi à faire cette prière quand il nous dit :
« Mais si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, lui qui donne à tous sans réserve et sans faire de reproches : elle lui sera donnée. Mais qu’il demande avec foi, sans la moindre hésitation, car celui qui hésite ressemble aux vagues de la mer que le vent agite et soulève. » (Jacques 1,5-6)
