Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 20 Décembre 2017
( Luc 1, 26-38 )
La salutation de l’ange Gabriel à Marie m’a incité, ce matin, à m’arrêter sur la prière du « Je vous salue, Marie », une des prières les plus connues et, sans doute aussi, une des premières que nous avons apprises alors que nous étions encore tout jeunes. Ça peut surprendre que j’aie fait ce choix, mais je pense que, de temps à autre, ça fait du bien d’y revenir et d’en faire l’objet de notre méditation.
Dans la première partie de cette prière nous trouvons d’abord les paroles de salutation de l’ange Gabriel à Marie :
« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi… tu vas concevoir et enfanter un fils… il sera appelé Fils du Très-Haut ».
Quand on reprend ces mots de l’ange Gabriel, nous professons notre foi dans le dessein de Dieu qui a voulu envoyer son Fils pour sauver le monde. Et en même temps, nous honorons la Vierge Marie pour sa disponibilité à accueillir le projet de Dieu.
Et tout de suite après, nous reprenons à notre compte les paroles d’Élisabeth qui s’écrie
« Tu es béni entre toutes les femmes ».
En reprenant ces mots d’Élisabeth, nous voulons, nous aussi, rendre gloire à Dieu pour la grâce qu’il fait à Marie, la grâce de devenir la mère de son Fils, le Fils du Très-Haut.
Quand on voit l’œuvre que Dieu a accomplie dans cette jeune fille de Nazareth, il y a comme une invitation qui nous est faite à saluer l’œuvre que Dieu continue d’accomplir dans nos communautés et nos familles. Tout ce qui se fait à l’exemple de Marie, tout ce qui se fait par amour, tous les services rendus avec générosité sont autant de signes que Dieu poursuit son œuvre dans les cœurs encore aujourd’hui.
Au 16e siècle, c’est ici que s’arrêtait la prière du « Je vous salue, Marie » parce que le Concile de Trente a voulu ajouter une deuxième section qui commence par « Sainte Marie, Mère de Dieu… »
Cette deuxième partie, c’est la supplication de l’Église, c’est notre supplication à Marie pour qu’elle intercède en notre faveur auprès de son Fils, ce que nous pouvons très bien faire parce qu’en confiant sa mère à son disciples bien-aimé, c’est à nous aussi que le Seigneur la confiait. Elle devenait alors notre Mère et la Mère de l’Église comme nous l’avons souligné, il n’y a pas si longtemps.
Quand le Seigneur nous confie Marie, il nous demande de la garder avec nous, de l’honorer comme notre Mère et de suivre son exemple. Après l’annonce de Gabriel, Marie se met totalement à la disposition de Dieu,
« que tout m’advienne selon ta parole ».
C’est l’invitation qui nous est faite chaque jour, dire à Dieu que nous voulons vivre en harmonie avec sa volonté, nous abandonner à lui en toute confiance. Et quand on voit Marie s’empresser d’aller donner un coup de main à sa cousine, Élisabeth, nous comprenons que la volonté du Père, c’est que nous fassions notre part, nous aussi, par des actes de charité, à la construction de ce monde nouveau que l’enfant de Noël vient inaugurer.
