Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 2 Avril 2018 – Lundi octave de Pâques
( Acte des Apôtres 1, 14.22b-33 )
Quand nous avons célébré les funérailles de Soeur Réjeanne, je m’étais arrêté, dans mon homélie, sur une parole de Jésus qui nous faisait toute une promesse en nous disant : « Je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi ». Pour « qu’eux aussi soient avec moi », c’était la raison de sa venue dans notre monde, la mission que son Père lui avait confiée. Et pour qu’on soit avec lui, il a voulu faire de nous ses enfants; il a voulu faire de nous des héritiers avec lui pour que nous ayons part à tous les trésors de Dieu, et finalement, il a voulu faire de nous des contemplatifs de sa gloire. Ce qu’il voulait pour nous tous, il le voulait pour sœur Réjeanne!
C’était ma manière à moi de parler de Jésus à ce moment-là. Il y a bien d’autres manières de parler de Jésus. On peut se poser une question. Comment ceux qui ont connu Jésus, qui ont vécu avec lui, ont-ils parlé de lui dans les jours qui ont suivi son départ de ce monde? On en a un bel exemple dans la première lecture de ce matin.
C’était le jour de la Pentecôte, l’Esprit saint était descendu sur les Apôtres qui se mirent en parler en d’autres langues. Les gens qui étaient témoins de ce qui venait de se passer, n’en revenaient pas d’entendre les Apôtres leur parler dans leur propre langue. C’est à ce moment-là que Pierre prend la parole pour s’adresser à ces gens qui venaient de partout et qui viennent d’être témoins du don de l’Esprit. Pierre laisse clairement entendre que cette manifestation de l’Esprit saint prend racine dans la résurrection de Jésus.
Aujourd’hui, quand on veut parler de Jésus, on le nomme « Fils de Dieu », « Christ et Seigneur ». Mais, il faut bien le remarquer, ce n’est pas de cette manière que Jésus parle de Jésus dans son discours. Il insiste sur l’humanité de Jésus, sur le fait que Jésus était un homme, et il le fait trois fois à l’intérieur de quelques petits versets. Je vous les cite :
« Il s’agit de Jésus, le Nazaréen, homme que Dieu accrédité auprès de vous », puis « Cet homme… vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois », et encore « Dieu avait juré à David de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui. »
C’est bien clair que, pour Pierre, Jésus est d’abord un humain choisi par Dieu, chargé du projet de salut de Dieu pour le monde, et finalement « ressuscité ».
Pourquoi Pierre insiste-t-il autant sur l’humanité de Jésus? Parce que, si Jésus n’est pas un humain, on ne peut pas parler de résurrection. Seul un humain peut mourir, seul un humain peut être ressuscité par Dieu.
Bien sûr qu’on ne se trompe pas quand on définit Jésus comme « Fils de Dieu », Pierre lui-même donnera ce titre à Jésus plus tard dans son discours. Mais, quand on parle de la résurrection de Jésus, on ne peut pas s’éloigner de son humanité.
C’est en tant qu’homme que Jésus s’est soumis à la volonté de Dieu.
C’est en tant qu’homme que Jésus s’est donné au projet de Dieu.
C’est en tant qu’homme qu’il a pu nous parler de Dieu comme personne n’avait su le faire avant lui.
C’est en tant qu’homme, homme ressuscité qu’il nous ouvre à nous, les humains, un avenir de ressuscité.
C’est ce que j’ai voulu souligner en célébrant les funérailles de sœur Réjeanne, le 14 mars dernier. Je termine avec quelques mots que je disais dans mon homélie :
« Pendant les 55 ans de sa vie contemplative, elle a su regarder vers Jésus.
Elle a su regarder Celui qui est monté vers le Père d’une manière admirable en lui donnant tout, même sa vie.
Elle a su regarder Celui que le Père a ressuscité le matin de Pâques
pour faire de lui le Premier-né d’une multitude de frères et de sœurs que nous sommes.
Sœur Réjeanne avait choisi la vie contemplative et nous croyons que Dieu la conduit à la contemplation de sa gloire. »
