Mgr J-C. Dufour – 1er juillet 2022 – Matthieu 8, 23-27

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 1er  juillet 2022 – Matthieu 8,  23-27

 

« Allez apprendre ce que signifie « Je veux la miséricorde, non le sacrifice. »

L’évangile nous raconte l’appel de Matthieu, un publicain, un collecteur d’impôts.  Il nous montre l’attitude miséricordieuse du Christ venu non pas pour les bien portants mais pour les malades, non pas pour les justes mais pour les pécheurs.

Matthieu était considéré comme un « pécheur public » par les Juifs, de plus il collaborait avec l’envahisseur romain, et pourtant Jésus non seulement se rend chez lui mais accepte de manger à sa table, en compagnie de ses disciples.

Les pharisiens réagissent mal au geste de Jésus, ils sont choqués, indignés,  mais Jésus leur répond que ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.  En le faisant, il nous enseigne qu’il est lui-même le médecin miséricordieux venu guérir les pécheurs.

En réponse encore aux pharisiens indignés, il leur dit :
«Allez apprendre ce que signifie « Je veux la miséricorde, non le sacrifice. »
La miséricorde est un autre nom de l’amour, un amour inconditionnel, un amour sans limite. La miséricorde est d’abord une caractéristique de Dieu lui-même, qui est « pris aux entrailles » comme une mère pour son enfant, devant la fragilité et la pauvreté de l’homme. La miséricorde est compassion pour toutes les formes de souffrance : elle est secours, patience bienveillante, pardon généreux. La miséricorde est le cœur de la révélation divine dans l’Écriture Sainte, mais aussi le cœur de la vie chrétienne.

«Allez apprendre ce que signifie : « Je veux la miséricorde, non le sacrifice. »
On trouve cette parole une  première fois chez le prophète Osée,  puis deux fois dans l’évangile de saint Matthieu.
Le pape Benoît XVI disait que cette parole était très importante,  une parole clé,  une synthèse de tout le message chrétien;  elle signifiait que la vrai religion consiste dans l’amour de Dieu et du prochain.  Et en commentant cette phrase,  il citait une phrase célèbre de saint Augustin dans ses « Confessions » :
« Aie pitié de moi, Seigneur ! Voilà, je ne cache pas mes blessures : tu es le médecin, moi le malade ; tu es miséricordieux, moi misérable… Je place toute mon espérance dans ta grande miséricorde ».

En 2015,  pour l’ouverture du carême, le pape François disait :
« La miséricorde de Dieu transforme le cœur de l’homme et lui fait expérimenter un amour fidèle qui le rend capable d’être, à son tour, miséricordieux. C’est à chaque fois un miracle que la miséricorde divine puisse se répandre dans la vie de chacun de nous, en nous incitant à l’amour du prochain. »
Comme le disait saint Augustin, plaçons toute notre espérance dans grande miséricorde du Seigneur.