Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 19 Février 2018
( Matthieu 25, 31-46 )
Dans la première lecture que nous avons entendue, Dieu dit à Moïse
« Tu leur diras : soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. »
Et pourtant, dans tout ce qui suit, il n’est question que de l’amour du prochain pour conclure finalement
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ».
Et dans l’évangile, par le moyen d’un dialogue entre le Fils de l’homme qui se révèle comme un Roi et les hommes qui sont jugés à ce moment-là, on ne peut pas se tromper, c’est clair que Jésus veut souligner l’importance de la charité concrète dans notre existence de chaque jour. Mais il va bien plus loin que Moïse. Lui, le berger d’Israël se déclare solidaire de toutes ces personnes qui souffrent, et il faut bien le remarquer, qu’elles soient croyantes ou non.
En deux petits versets, Jésus nous trace un portrait saisissant de toutes les détresses humaines, celles qu’il voyait sans doute en son temps et toujours bien présentes dans notre monde; des enfants, des femmes et des hommes qui ont faim et soif, qui souffrent du froid; des immigrés privés de tout leur droit, qui ne trouvent nulle part accueil et protection; des malades et des prisonniers qui vivent isolés, oubliés, comme dans un monde à part.
Ceux que Jésus appelle les justes à la fin de l’évangile, croyants ou non, sont tous ces gens qui ont rencontré des petits au cours de leur vie, des personnes en détresse ou désemparés, des gens qui ne sont pas considérés dans la société, et qui leur ont donné un peu de leurs biens, de leur temps et de leur cœur. Ils se souviennent peut-être un peu des services qu’ils ont rendus, mais ils n’ont jamais réalisé qu’en le faisant, ils avaient accueilli ou dépanné Celui qui est en train de les juger.
Le Fils de l’homme comme l’appelle saint Matthieu s’identifie à tous ceux et celles qui ont besoin de secours qu’ils soient croyants, incroyants ou même hostiles au Christ.
Quand le roi dit « C’est à moi que vous l’avez fait », ça ne veut pas dire que l’autre ressemble automatiquement au Christ.
Ça veut dire que le Christ s’identifie à ceux et celles qui sont dans le besoin, parce que ceux ou celles qui sont dans le besoin nous appellent à l’amour comme le Christ.
Dès lors, on comprend que c’est très sérieux. Il faut comprendre que celui ou celle qui passe à côté d’une personne en détresse sans réagir manque une rencontre avec le Christ. Saint Paul le disait aux Éphésiens :
« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans la plénitude de Dieu. » (Éphésiens 3,17-19)
On a dit d’une sainte de chez nous que « la terre sacrée de l’autre était sa résidence principale ».
Que la terre sacrée de l’autre soit notre résidence principale, c’est sûrement une grâce qu’on peut tous demander.
Parce que, il ne faut jamais l’oublier, nos racines de chrétiens et de chrétiennes puisent toute leur sève dans la charité.
