Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 18 Avril 2018 – Bienheureuse Marie-Anne Blondin
( Philippiens 2, 1-11 )
J’ai dit dans une homélie, il n’y a pas longtemps, qu’il y avait bien des manières de parler du Christ : les évangiles, les écrivains, les prédicateurs nous en parlent. D’autres personnes nous en parlent plus par leur vie, leur vie missionnaire, leur vie de charité, leur vie contemplative. C’est le cas de cette femme de chez nous, Mère Marie-Anne Blondin. Par sa vie, elle nous parle du Christ, et du Christ souffrant.
J’imagine que vous avez lu, comme moi, l’introduction de la messe d’aujourd’hui dans le Prions en Église. Fondatrice des sœurs de Sainte-Anne, elle est destituée. Alors,
« Commence alors pour Mère Marie-Anne une période de 36 ans d’exclusion et d’obscurs labeurs vécus dans l’humilité, le pardon et une profonde paix intérieure . »
Elle a trouvé la force de suivre le Seigneur sur le chemin des tribulations grâce à la contemplation du mystère de la croix, nous disait la prière d’ouverture.
Elle est bienheureuse parce que l’Église a reconnu le Christ en elle, le Christ que nous décrit saint Paul dans sa lettre aux Philippiens, Celui qui n’a pas retenu jalousement le rang qui l’égalait à Dieu « Mais qui s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. C’était déjà beaucoup, et pourtant, et nous le savons, il y a eu un deuxième moment dans l’abaissement du Christ, un moment qui commence par le dépouillement de ses vêtements pour se terminer par sa mort sur une croix. Ainsi Jésus a voulu nous révéler qui est Dieu et comment il est Dieu. Un Dieu d’amour et de pardon!
Ceux qui ont choisi les textes pour cette célébration ont fait un lien entre les 36 ans d’exclusion et d’obscurs labeurs de Marie-Anne Blondin vécus dans l’humilité et le pardon et ce que le Christ avait vécu. Comme le Christ et par amour, elle a été un modèle d’abandon entre les mains de Dieu. À la fin de la lecture, Saint Paul nous dit du Christ qu’il s’est abaissé par obéissance et que « C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ». C’est bien ce qui est arrivé à Marie-Anne Blondin, béatifiée par le pape Jean-Paul II le 29 avril 2001.
On trouve pas mal le même message dans cette béatitude de Jésus qui déclare :
« Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, car votre récompense sera grande dans les cieux. »
Autrement dit, heureux ceux et celles qui se souviennent de leur baptême dans les choix qu’ils ont à faire; heureux ceux et celles dont la vie a la saveur de l’évangile; heureux ceux et celles qui n’ont pas honte de se reconnaître disciples du Christ; heureux ceux et celles dont la foi est humble, l’espérance solide et la charité active. Ça veut dire que leur vie, comme celle de la bienheureuse Marie-Anne Blondin, c’est celle du Christ.
Pendant notre célébration, prions le Seigneur de nous donner de vivre dans l’esprit des Béatitudes. Faisons nôtre ces mots de la prière après la communion qui viennent particulièrement vous rejoindre comme Servantes de Jésus Marie :
« Seigneur, tu nous as nourris du pain de ton Eucharistie : fais qu’à l’exemple de la bienheureuse Marie-Anne Blondin, nous trouvions notre bonheur, ici-bas, dans ce sacrement de ton amour. »
