Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
Mgr HOMÉLIE : 17 Mars 2018
( Jean 7, 40-53 )
Lors de la présentation de Jésus au Temple, le vieillard Siméon avait prophétisé en disant à Marie :
« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction » (Luc 2,34).
C’est bien ce qu’on voit dans l’évangile d’aujourd’hui! Les gens sont divisés au sujet de Jésus. Il y en a qui voit en lui le Prophète annoncé et même le Christ alors que d’autres n’ont qu’un seul but, trouver l’occasion favorable de l’arrêter.
Voyant que beaucoup croyaient en Jésus, les grands-prêtres et les pharisiens envoient des gardes pour se saisir de lui, mais ils reviennent bredouilles. Quand ils leur demandent pourquoi ils ne l’ont pas amené, les gardes répondent « Jamais un homme n’a parlé de la sorte! » J’imagine la tête des grands-prêtres et les pharisiens quand ils ont entendu cette réponse. Tellement impressionnés par l’enseignement de Jésus, les gardes n’ont pas été capables de se résoudre à l’arrêter.
Ils n’étaient pas les premiers à avoir cette réaction devant l’enseignement de Jésus. Vous vous rappelez de Nicodème qui était venu trouver Jésus pendant la nuit, reconnaissant que Jésus enseignait de la part de Dieu. Qu’on se rappelle aussi des foules étonnées et touchées par les paroles de Jésus au point de se priver de nourriture un certain temps. Et ça se poursuit aujourd’hui. Je suis certain que vous retenez une parole ou un geste de Jésus qui vous a touché et qui remonte dans la mémoire de votre cœur de temps à autre. Vous pourriez y revenir aujourd’hui.
Les paroles de Jésus ne sont pas des paroles creuses, remplies d’orgueil et de mensonge, mais des paroles de vérité. Jésus aimait les vérités qu’il communiquait, mais il aimait surtout les personnes à qui il les communiquait. Il parlait le langage de la charité. Ses paroles manifestaient son amour profond pour les hommes et les femmes, surtout pour ceux et celles qui étaient le plus dans le besoin.
Hier, je vous ai cité ces mots de saint Jean au début de son évangile :
« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. »
Si ces mots nous situent devant de mystère de Jésus, ils viennent nous dire aussi que Dieu notre Père ne nous a donné qu’une seule Parole, et cette Parole, c’est son Fils. Voir Jésus, c’est voir le Père, entendre Jésus, c’est entendre le Père.
Nicodème, les foules et les gardes s’émerveillaient des paroles qui sortaient de la bouche de Jésus, ils l’accueillaient comme la Parole de Dieu, et comme une nourriture qui venait combler leurs faims les plus profondes. Il en est ainsi pour nous.
Supposez que vous êtes tenaillés par la faim au point de commencer à faiblir et qu’à un moment donné, heureusement, vous vous trouvez devant un arbre rempli de fruits savoureux et appétissants. C’est certain, vous ne serez jamais capables de manger tous les fruits de l’arbre. Vous allez en cueillir quelques uns pour satisfaire votre appétit. Nous sommes toujours tenaillés par des faims profondes et la Parole de Dieu est là, remplie de fruits savoureux. Il ne s’agit pas de tout prendre, de tout savoir, de retenir le plus de paroles possible, mais seulement d’accueillir ce mot, ce verset, ce regard qui nous touche pour en vivre pendant la journée.
Écouter la Parole de Dieu et la porter comme un trésor, c’est une belle manière d’être avec le Christ, avec l’Époux qui vient parler à l’Église, son Épouse.
