17-décembre-2017

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 17 Décembre

THÈME DE L’AVENT : « Oser y Croire »

3e Dimanche de l’Avent : Quelle joie?

ANNÉE LITURGIQUE « B » 2017 ( Jean 1, 6-8.19-28 )

Liturgie des Heures semaine : III

 

Les tout premiers mots de la messe aujourd’hui sont impératifs : « Soyez dans la joie du Seigneur. »
Ensuite, je vous ai salué en disant : « que sa joie et sa paix illuminent votre cœur ».
Le prophète Isaïe abondait dans le même sens : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu ».
Nous avons repris les mêmes mots repris dans le refrain du psaume. « Soyez toujours dans la joie… Rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard » écrivait saint Paul aux Thessaloniciens.
Ce 3e dimanche de l’Avent est vraiment le dimanche de la joie.

 

Vous allez me dire :
« C’est ben beau, mais il faudrait quand même être un petit peu plus réaliste que ça! On ne peut pas toujours être joyeux, c’est impossible! »
Jésus lui-même a pleuré quand il a appris que son ami Lazare était mort; il a pleuré sur Jérusalem et ses habitants; il ne riait pas sur la croix!
Et saint Paul n’hésitera pas à dire à de nouveaux convertis :
« Pleurez avec ceux qui pleurent » et à un autre moment « Je le redis, en pleurant : beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix ». Et pourtant, c’est lui qui vient de nous dire : « Soyez toujours dans la joie! ».
Il ne veut pas sûrement pas parler de cette joie qui éclate à un moment donné pour disparaître deux minutes après.

 

Est-ce qu’on est en train de nager en pleine contradiction? On ne peut certainement pas ignorer les souffrances qui pèsent sur notre monde et peut-être même à notre porte, c’est certain! Et pourtant saint Paul a sûrement raison en nous parlant de la joie chrétienne, de cette joie intime, secrète, profondément gravée au fond de notre cœur et de notre âme, et assez ancrée pour y demeurer toujours.

 

Notre joie repose sur le fait que nous croyons que nous sommes personnellement aimés de Dieu, et que notre vie repose entre ses mains bienveillantes.

 

Notre joie repose sur la prédication du prophète Jean-Baptiste la venue du Seigneur.
« Voici que le Seigneur viendra. Dans la lumière, il vient pour visiter son peuple, pour lui donner la paix et la vie éternelle
»(Antienne d’ouverture du vendredi, 2e semaine de l’Avent.)
Nous croyons que ce Jésus dont nous allons célébrer la naissance à Noël, c’est le Fils de Dieu qui est vivant et partage déjà sa Vie avec nous.

 

Notre joie repose sur le fait que nous croyons à l’amour infini de Dieu qui en son Fils, vient entraîner l’humanité au-delà du mal et de la mort, dans une vie nouvelle.

 

Notre joie repose sur le fait que nous croyons que l’Esprit du Seigneur est sur nous et qu’il nous conduit vers un destin favorable.

 

Notre joie repose sur le fait que nous croyons que le Christ est présent dans notre monde et qu’il travaille à la pleine réalisation du salut qu’il nous a acquis sur la croix.

 

Dans un monde blessé, dur et injuste, les disciples du Christ que nous sommes sont appelés à une joie constante parce que nous savons que Dieu tient ses promesses, parce que nous savons qu’un jour nous allons habiter une terre nouvelle où le bonheur sera roi.

 

Soyons des chrétiens et des chrétiennes qui ressemblent à leur Dieu qui, lui, trouve sa joie dans le bonheur des hommes. Ouvrons tout grand notre cœur aujourd’hui pour laisser Dieu déposer cette joie en nous, et aussi, pour que cette joie devienne une source de vie.
Être dans la joie, ça veut dire passer de l’aigreur à la bienveillance, de la contestation à la bonté, ça veut dire prendre le parti pris du sourire, saluer l’autre comme un frère, une sœur que Dieu aime, lui souhaiter tout le bien que Dieu veut pour elle, pour lui.

 

Il y a aussi toute une dimension missionnaire dans cette joie! Mère Teresa disait : « Notre gaieté est le meilleur moyen de prêcher le christianisme ».
Un journaliste autrichien écrivait : « Le monde de demain appartient à ceux qui annoncent la joie ».
Je souhaite que la joie chrétienne, intime, profonde, nous habite pendant notre célébration et tout au long de la semaine qui vient, dans l’attente joyeuse du Seigneur.