17 Avril 2018 – Sainte Kateri Tekakwitha Matthieu 12, 45-50

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 17 Avril 2018 – Sainte Kateri Tekakwitha

(Matthieu 12, 45-50 )

 

Quand j’ai préparé l’horaire du mois d’avril, j’avais remarqué que la fête de Sainte Kateri Tekakwitha tombait un mardi, un jour où d’habitude je suis en congé. Dans la même période, j’avais remarqué à l’entrée une feuille mise à la disposition du public dont le titre était « Kateri Tekakwitha, Dieu se révèle aux plus petits ». J’ai pris cette feuille pour la lire et je l’ai trouvée tellement belle que je l’ai amenée chez moi. Quand j’ai su que j’allais célébrer aujourd’hui, j’ai décidé de vous lire en bonne partie ce qui est écrit sur cette feuille. Je lis.

 

Seconde patronne de l’Église des missions (après sainte Thérèse de Lisieux), Kateri Tekakwitha est la première sainte indienne d’Amérique du Nord. Brûlante d’amour pour le Christ, cette grande mystique a marqué son temps par sa douceur et son humilité.

« La plus belle fleur épanouie au bord du Saint-Laurent »,
peut-on lire sur la tombe de la jeune indienne, fille d’un chef mohawk traditionaliste et d’une mère algonquine catholique. À 4 ans, en 1660, Kateri Tekakwitha perd ses parents suite à une épidémie de petite vérole. Elle-même en garde un visage marqué de cicatrices et devient presque aveugle.

En grandissant, la jeune fille se distingue par sa gentillesse et sa docilité. Elle aime se retirer seule dans la forêt pour réciter les prières que lui a apprises sa mère. De manière surprenante, elle refuse aussi catégoriquement toute proposition de mariage, ce qui choque les gens de sa tribu. Kateri aspire à autre chose. L’installation de missionnaires jésuites à côté de son village se révèle décisive : elle désire vivre en chrétienne et recevoir le baptême. Touché par son courage et sa pureté, le père jésuite Jacques de Lamberville la forme. Le jour de Pâques 1676, elle a vingt ans, elle est baptisée et prend le nom de Kateri (Catherine en iroquois).

 

Persécutée et moquée par sa tribu, elle se réfugie à la Mission Saint-François-Xavier dans la réserve Mohawk de Kahnawake sur le Saint-Laurent, et peut alors s’épanouir parmi ses frères indiens convertis. Elle fait sa première communion le jour de Noël 1677 et prononce son vœu de virginité deux ans plus tard, soit le 25 mars 1679.
« Cette jeune fille, toute sauvage qu’elle était se trouvait si pleine de Dieu et goûtait tant de douceurs dans cette possession, que tout son extérieur s’en ressentait… Il ne fallait pas être longtemps avec elle pour en être ému et pour être réchauffé de ce feu divin », dira d’elle le P. Cholenec, de la mission Saint-François-Xavier.

 

Le « Lys des Mohawks » consacre le reste de sa vie aux malades et à l’aide des missionnaires… Elle s’impose des mortifications pour s’unir toujours plus au Christ et passe des heures en prières devant le tabernacle ou dans la solitude de la forêt. Sa santé finit par décliner. Elle meurt de la tuberculose à 24 ans, le mercredi saint de l’année 1680. Sur son lit de mort, son visage lumineux et transfiguré ne porte plus de cicatrices.

 

Pas difficile de faire des liens avec les lectures de la messe.
« Transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait », nous disait saint Paul dans la 1 ere lecture.
Dans l’évangile, Jésus disait à la foule :
« Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère ».
Dans cet esprit, Sainte Kateri disait :
« Qui est-ce qui m’apprendra ce qu’il y a de plus agréable à Dieu, afin que je le fasse? »

 

Cette jeune femme, seconde patronne des missions, vient nous dire que nous sommes une vraie bénédiction pour notre entourage quand nous choisissons de laisser voir la beauté d’une vie spirituelle transfigurée par l’Esprit Saint.