Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
Mgr HOMÉLIE : 16 Mars 2018
( Jean 7.2.10.14. 25-30)
Deux semaines encore, et ce sera la grande fête de Pâques. L’Église aujourd’hui veut nous rappeler une nouvelle fois ce qui s’est passé dans les derniers mois de la vie publique de Jésus. Ses adversaires s’acharnent de plus en plus contre lui; l’étau de la haine se resserre de plus en plus contre lui. Tout va bientôt déboucher sur son arrestation, son procès et sa mort.
Vous avez sans doute remarqué qu’il était question d’un « juste » dans les deux lectures ce matin.
Il est facile de reconnaître Jésus dans le juste que décrit le livre de la Sagesse écrit pourtant des siècles auparavant. Le juste nous est décrit comme un homme intègre, fidèle à Dieu et droit. Tellement juste comme Jésus que sa belle vie apparaît comme un reproche à ses adversaires qui renient leur Seigneur. Ce juste appelle le Dieu qu’il sert pour qu’il vienne à son aide; Jésus fera la même chose en se retirant dans les endroits déserts et particulièrement au Jardin des Oliviers. Comme Jésus, il se décrit lui-même comme un enfant du Seigneur qu’il déclare comme son père. On sait comment toute la vie de Jésus en a été une totalement consacrée à la mission que son Père lui avait confiée.
Jésus, le juste menacé de l’évangile, a passé sa vie en faisant le bien. Il a guéri des personnes, il a pardonné comme personne ne l’avait fait avant lui, il a illuminé les cœurs. Et pourtant, sa bonté à lui aussi est vue comme un reproche fait aux grands de son temps, particulièrement pour ceux qui se croient les plus purs. Lui aussi se présente comme un enfant de Dieu, non pas au sens large comme peut bien le faire un ami de Dieu, mais dans un sens qui n’appartient qu’à lui, puisqu’il est le Fils unique de Dieu en qui son Père a mis toute sa complaisance, Fils de Dieu de toute éternité.
« Je ne suis pas venu de moi-même », dit Jésus.
J’ai été envoyé par mon Père, envoyé pour sauver le monde, envoyé pour révéler son dessein de salut, mais vous ne connaissez pas mon Père. Vous n’avez pas été capable de le reconnaitre tous les gestes de salut qui ont jalonné toute ma vie. Vous n’avez pas été capables de reconnaître mon Père comme celui qui sauve. « Moi, je le connais », affirme Jésus, « je le connais parce que je viens d’auprès de lui. »
C’est donc moi, le Fils du Père, le Fils unique de Dieu, que vous devez écouter comme le seul qui puisse vous parler de Dieu et du monde de Dieu.
Vous pensez me connaître dit Jésus aux habitants de Jérusalem parce que je viens de Nazareth, parce que vous connaissez ma famille, mes frères et mes sœurs, mais je viens d’abord de Dieu. C’est tout le mystère de la personne de la personne de Jésus que saint Jean prend soin de révéler au tout début de son évangile en disant :
« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. »
Jésus est plus grand que nos limites d’hommes et de femmes, plus fort que toutes nos faiblesses, plus riche que toutes nos misères.
C’est parce qu’il vient du pays de Dieu que Jésus peut nous parler de vie et d’espérance chaque jour. C’est parce qu’il vient de Dieu que Jésus peut transformer nos tristesses en joie. C’est parce qu’il vient de Dieu que Jésus nous donne le goût de vivre et nous rend heureux, heureuses jusque dans le don de nous-mêmes comme lui.
