14-janvier-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14 Janvier  2018

2e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE « B » ( Jean 1, 35-4 )

Liturgie des Heures semaine : II

 

« VENEZ ET VOUS VERREZ »
Des petits mots qui ont l’air de rien, mais qui revêtent encore beaucoup d’importance. Ceux qui avaient entendu ces mots de Jésus étaient tous disparus quand saint Jean écrit son évangile. Mais l’apôtre était convaincu que les croyants de chaque génération pouvaient continuer d’appeler des nouveaux disciples en leur disant :
« Venez et vous verrez ».
L’apôtre Philippe dira la même chose à Nathanaël,
« Viens et vois ».
Ces petits mots sont paroles de témoignage! Ils n’obligent rien, ne forcent pas la main, mais suggèrent de faire un pas, une démarche pour faire une découverte. C’est le témoignage des croyants qui amène de nouveaux disciples à Jésus. Je pense à la samaritaine qui est allée dire aux gens de son ville :
« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »
Je n’ai jamais oublié ces mots du pape Paul VI :« Les hommes d’aujourd’hui ont plus besoin de témoins que de maîtres. Et lorsqu’ils suivent des maîtres, c’est parce que leurs maîtres sont devenus des témoins. »

 

Surprenant parce que c’est faible un témoignage!
Un jour, un professeur de droit canonique à Rome, me raconta qu’il était entré dans sa classe portant une cravate, qu’il l’avait enlevé en donnant son cours. À la fin de son cours, il avait demandé à ses étudiants s’il portait une cravate en entrant en classe. Un moitié affirmait que oui, alors que l’autre moitié disait que non. Alors, il leur dit : « première leçon, méfiez-vous des témoins ». Je pense qu’on a pu constater la même chose en écoutant des gens nous raconter le même événement.

 

C’est faible un témoignage et pourtant, c’est puissant.
On n’hésite pas à faire appel à un témoin pour confirmer la véracité de nos paroles ou d’un événement. Pour inviter à la foi, rien de tel que le témoignage. On vient de le voir dans l’évangile. Si Jean et André veulent faire plus ample connaissance avec Jésus, c’est parce que Jean-Baptiste vient de leur dire :
« Voici l’Agneau de Dieu! »
Si Pierre rencontre Jésus, c’est parce qu’André va lui dire :
« Nous avons trouvé le Messie ».
Et il amène Pierre à Jésus. Ils sont devenus de grands témoins de la foi.

 

Ce n’est pas différent pour nous!
Si nous avons rencontré le Christ, c’est parce qu’il y a eu des témoins sur notre route : des témoins authentiques de la foi, des personnes qui nous ont donné le goût de la foi qui les faisait vivre, des personnes qui nous ont mis en marche, qui nous ont donné le goût de suivre Jésus. Qui sont ces témoins qui nous ont aidés et guidés dans la découverte de notre foi?  

 

« Rabbi, où demeures-tu?… Venez, et vous verrez… Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. »
On sent qu’il y avait chez les deux premiers disciples le goût de demeurer avec Jésus, comme un besoin d’être avec lui. Ils passèrent toute la journée avec lui. Qu’est-ce qui s’est passé pendant cette journée? Saint Jean ne le dit pas, mais on peut deviner un peu! Ils ont dû interroger Jésus. D’où venait-il? Pourquoi les avait-il invités eux en particulier? Qu’est-ce qu’il voulait faire? Est-ce qu’il attendait quelque chose d’eux autres? Ils ont dû bien observer Jésus, être attentifs à ses moindres réactions, à ses silences, à ses attitudes. On ne sait pas ce qui s’est passé ce jour-là, mais ça a dû être assez spécial pour que cette rencontre avec Jésus change complètement leur vie.

 

André et Jean nous présente le chemin à suivre pour parvenir à une foi vivante : avoir le goût de demeurer avec le Seigneur, prendre le temps de s’apprivoiser, de converser avec lui, de poser les bonnes questions, d’écouter les réponses qu’il nous donne, pour finalement chercher à découvrir ce qu’il attend de nous.

 

Si nous sommes rassemblés ici dans la chapelle ce matin, c’est parce qu’au fond de nous-mêmes on entend encore une voix nous dire :
« Venez et vous verrez ».
Nous avons répondu à cette invitation. Nous sommes venus passer un peu de temps avec le Seigneur, pour demeurer avec lui, pour apprendre à le connaître encore un peu plus et nous demander ce qu’il attend de nous. Et, en le faisant, à la manière d’André et de Jean, nous pourrons faire nôtre ce beau refrain du psaume :
« Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté. »