12 mai 2018 –Samedi 6e Semaine de Pâques Jean 16, 23b-28

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 Mai 2018 – Samedi 6e Semaine de Pâques

 ( Jean 16, 23b-28 )

 

« Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demandez au Père en nom, il vous le donnera.»
 On aurait sans doute bien du mal à compter toutes les faveurs que nous avons demandé à Dieu, depuis des années, par la prière, les neuvaines et bien d’autres dévotions. On réalise bien que, parfois, on a été exaucé, et que parfois, il ne s’est rien passé. Comment comprendre?

 

« Ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.»
Il faut bien comprendre qu’il nous donnera d’abord et avant tout ce dont nous avons besoin pour remplir notre mission, la mission que Jésus nous a confiée. Quand Jésus dit à ses disciples qu’ils n’ont encore rien demandé en son nom, c’est parce qu’ils n’ont pas encore commencé leur mission. Dieu qui, en Jésus, veut nous associer à son œuvre de salut ne refusera jamais de nous accorder les idées, les outils et les forces nécessaires pour accomplir notre travail, notre mission. Il ne faut pas s’étonner si parfois nos demandes ne sont pas écoutées. Il faut se demander, à ce moment-là, si elles étaient en lieu avec notre mission.

 

La question qui se pose est simple.
Qu’est-ce que nous pouvons demander au Seigneur dans notre prière?
Pour le savoir, il faut apprendre à regarder et à contempler Jésus qui a voulu nous associer à son œuvre de salut : bâtir un monde plus humain, plus fraternel, où le pardon et le don de soi prennent une grande place. Jésus, nous le savons, a fait preuve d’une immense ouverture aux autres en faisant disparaître les frontières entre les humains, en se faisant proche des gens rejetés de son temps, des blessés dans leur corps et dans leur cœur. On le voit guérir les malades, s’approcher des exclus, et même choisir des pécheurs pour le suivre. Il a toujours voulu redonner toute leur dignité et leur grandeur aux personnes malgré toutes leurs différences. Il est toujours allé à l’essentiel en faisant vivre, en redonnant la vie.

 

Aussi, il me semble que la plus belle et la plus grande prière qu’on peut lui faire, c’est de nous donner des cœurs aimant comme le sien, de faire de nous des évangiles vivants. On dirait parfois, dans l’évangile, que Jésus prie le Père de rafraîchir nos moments de prière, de telle sorte qu’on puisse l’entendre nous dire à l’oreille qu’il nous veut comme Jésus. Après tout, c’est pour ça que Jésus est venu, pour qu’on devienne comme lui.

 

Le premier but de notre prière, c’est de glorifier le Père à la manière de Jésus, le prier de rendre fructueux le travail de l’Esprit Saint en nous comme nous le faisons dans le cadre de la neuvaine à l’Esprit Saint. C’est à ce moment-là que notre joie peut être parfaite.
« Demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite ».

 

Notre prière aujourd’hui, c’est d’abord de demander au Seigneur de nous aider à être comme lui, d’abolir les différences entre les humains, de bâtir des ponts et non des clôtures entre les personnes et les peuples, de protéger la dignité humaine, de propager une manière de regarder les autres et de les considérer comme lui le faisait avec la Cananéenne (Mt 15, 21-28), avec la Samaritaine (Jean 4, 5-42) et tant d’autres.

 

Être le portrait vivant de Jésus, que ce soit là notre prière aujourd’hui!