11 mai 2018 –Vendredi 6e Semaine de Pâques Jean 16, 20-23a

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 11 Mai 2018 – Vendredi 6e Semaine de Pâques

 ( Jean 16, 20-23a )

 

« La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. »
Cette image de la femme qui enfante dans la douleur a traversé le temps puisqu’elle prend racine dans la profondeur de l’expérience humaine. Le prophète Isaïe l’utilise pour annoncer la naissance d’un peuple nouveau au temps du Messie, naissance qui, elle aussi, se fera dans la douleur. Nous l’avons souligné pendant la semaine sainte.

 

Jésus est en train de prendre son dernier repas avec ses disciples; on est à la veille de sa passion. Il annonce à ses disciples qu’ils vont pleurer et se lamenter tandis que le monde se réjouira. La petite communauté des disciples ressemblera à la femme qui enfante dans la peine. Jésus sait bien que ses disciples vont souffrir de sa mort et des épreuves à venir. Dans cette image de la femme qui enfante, je pense bien qu’on peut voir encore les épreuves et les souffrances que l’Église traversera tout au long des siècles, incluant le nôtre.

 

En se servant de cette image, Jésus nous parle des souffrances et des épreuves comme d’un passage obligé qu’il compare aux douleurs de l’enfantement. Il nous fait voir que la joie d’une nouvelle naissance prend toujours le dessus sur les souffrances.
« Quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, toute heureuse qu’un être humain soit venu au monde. »
 Clairement, Jésus nous affirme que les souffrances n’auront jamais le dernier mot.

 

Il nous invite à projeter sur nos misères et nos épreuves le même regard que lui. Au jardin de Gethsémani, il a été triste à en mourir mais il savait que son Père veillait sur lui et il lui faisait confiance. Pour Jésus, il n’y a pas de tristesse définitive. Oui, les disciples vivront des moments des plus pénibles dans les heures qui suivront son dernier repas. Jésus ne leur cache pas ce qui les attend, mais il ajoute
« Vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. »
 Cette promesse de Jésus, elle s’adresse à nous aussi. Remarquez que Jésus ne dit pas
« vous me verrai », mais « je vous reverrai »,
une manière de nous rappeler encore que c’est lui, que c’est toujours son amour qui prend l’initiative de la rencontre.

 

Une des premières choses que font les jeunes parents à la naissance de leur enfant, c’est de vérifier si tout est correct, s’il a tous ses doigts, ses orteils, en ayant hâte sans doute que le médecin les rassure.

 

C’est toujours vrai, l’heure vient parfois où nous devons enfanter dans la douleur une nouvelle manière d’être Église et ça nous inquiète. Pas facile! Notre première réaction ressemble à celle des jeunes parents, un mélange de joie et de crainte. On ne peut pas deviner ce qui va arriver, à quel moment ça va arriver et jusqu’où ça ira. Jésus nous invite dans l’évangile à lui faire confiance comme lui a eu confiance à son Père dans le moment le plus pénible de sa vie. Dieu lui-même fera disparaître la souffrance dans la joie de découvrir une nouvelle manière d’être Église.

 

Je termine par une petite prière.

 « Viens, Seigneur, viens nous revoir en traversant nos peurs et nos tristesses.

Apporte-nous ta joie que personne ne pourra nous ravir.

Donne-nous, par ton Esprit Saint, de te connaître et de comprendre ta route.

Alors nous n’aurons plus de questions, parce que d’avance, tu nous as répondu. »