Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR
HOMÉLIE : 7 Janvier 2018 – ( Matthieu 2, 1-12 )
Lundi : BAPTÊME DU SEIGNEUR
Mardi : 1re SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE « B »
Liturgie des Heures semaine : I
Deux petites questions pour commencer.
Pourquoi l’étoile disparaît-elle quand les mages arrivent à Jérusalem?
Voulez-vous me dire ce que Marie a bien pu faire avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe? Le plus merveilleux n’est pas toujours ce qu’on pense.
La première chose que la fête de l’Épiphanie vient nous dire, que le mystère de Dieu n’est pas offert pas seulement aux Juifs, mais à toute l’humanité. L’Épiphanie, c’est la fête de tous ceux et celles qui cherchent Dieu, de tous ceux et celles qui se posent des questions sur lui, la fête de toutes les personnes qui sont appelées à découvrir les merveilles d’amour, de justice et de paix que Dieu propose.
Tous les textes nous le disent aujourd’hui. Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous disait :
« Les nations marcheront vers ta lumière… Regarde, tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi. »
Saint Paul nous parlait du mystère qui a été révélé aux apôtres, ce mystère, c’est que
« Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’évangile ».
C’est clair! C’est toute l’humanité que le Christ veut réconcilier en lui; ce sont tous les hommes qui sont appelés à entrer dans son Alliance.
Et Matthieu dans l’évangile nous parle de ces mages, de ces païens, des étrangers venus d’Orient pour se prosterner devant le roi des juifs qui venait de naître. Ils sont guidés par une étoile, mais, à un moment donné, l’étoile disparaît. Alors qu’est-ce qu’ils font? Ils s’informent auprès d’Hérode qui, à son tour, réunit les grands prêtres et les scribes pour leur demander où devait naître le Christ. Ils répondent par une parole du prophète Michée.
Les mages ne seraient jamais arrivés jusqu’à Jésus seulement avec l’étoile. Les chefs des prêtres et les scribes, de leur côté, n’ont pas su se mettre en route pour découvrir le Messie seulement avec les Écritures. Il faut les deux pour trouver le Christ : l’étoile et la Bible, la soif d’absolu qu’il y a en nous et l’approfondissement des Écritures, la sagesse humaine et l’accueil de la révélation biblique.
Je me disais qu’en venant au monde, il y a une étoile qui se lève au ciel de notre cœur, une étoile qui nous met en route à la recherche du bonheur, d’une vie en plénitude, de l’absolu, de quelque chose qui est très profond au-dedans de nous, Dieu lui-même au fond. Mais cette étoile ne suffit pas, encore faut-il accueillir l’annonce de l’évangile.
Les mages se prosternent devant Jésus et lui offrent ce qu’il y a de mieux comme cadeaux. Ces cadeaux viennent surtout nous dire ce que les mages ont découvert dans l’enfant de la crèche.
L’or signifie qu’ils ont découvert un roi dans l’enfant de Marie;
l’encens signifie que c’est Dieu qu’ils ont découvert dans l’enfant de la crèche;
et la myrrhe qui est utilisée pour embaumer les morts révèle que cet enfant est un homme comme nous, destiné à mourir.
Toute une révélation, les cadeaux des mages.
Saint Matthieu nous a dit que les mages venaient de loin, d’Orient. Il me semble que cette fête nous invite à exprimer notre solidarité avec les communautés chrétiennes qui sont au loin et qui vivent des moments difficiles. Je pense, par exemple, à ces chrétiens qui habitent la ville de Mossoul en Irak. Après trois ans d’occupation de l’armée islamique, ils ont pu célébrer la fête de Noël cette année. Portons-les dans notre prière aujourd’hui comme bien d’autres qui sont dans la même situation.
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant », demande le roi Hérode aux mages.
Curieusement, il nous donne un très bon conseil : se renseigner sur le Christ, être des chercheurs de Dieu pour mieux le connaître et en témoigner autour de nous, c’est notre vie.
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître? », demandent les mages.
Pour nous ce matin, il est dans sa Parole et dans l’Eucharistie qui nous rassemble. L’ayant découvert comme les Mages, prosternons-nous devant lui, prions-le pour tous les chercheurs de Dieu, demandons-lui aussi de nous aider à rendre compte de l’espérance qui nous habite.
