05 Mai 2018 – Samedi 5e Semaine de Pâques Jean 15, 16-21

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 5 Mai 2018 – Samedi 5e Semaine de Pâques

 ( Jean 16, 16-21 )

 

« Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jean 15,17)
Curieusement, le texte qui suit immédiatement ces mots de Jésus se poursuit par dix versets sur la haine, la haine du monde à la fois pour Jésus et pour ses disciples.

 

« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. »
Si on se rend compte que des chrétiens sont exécutés au nom de leur foi, si on faisait la liste des martyrs de la foi depuis l’année 2000, il y a une évidence qui se dégage : la foi, comme disait le pape François, quand elle se transmet avec tout avec le témoignage et parle le langage de l’amour gratuit et concret, soulève l’antipathie et la haine gratuite. Notre vie de chrétien et de chrétienne peut apparaître comme un reproche à ceux et celles qui ne partagent pas notre foi. Le monde du refus ne supporte pas la différence.

 

« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. »
On sait bien que Jésus a soulevé de la haine contre lui. On le voyait comme un homme dangereux parce qu’il faisait espérer dans les cœurs un monde totalement nouveau. Jésus a soulevé la haire parce qu’il ne respectait pas la lettre de la Loi pour privilégier la miséricorde, parce qu’il ébranlait les gens sérieux et savants de son temps par ses attitudes. Jésus a choqué les gens de son temps bien moins par ses paroles et bien plus par sa manière de vivre.

 

« Si le monde a de la haine contre vous… »
Parler de Jésus, ce n’est pas trop risqué. Ça peut entraîner de l’incrédulité, du mépris, de la moquerie et pas beaucoup plus.
Vivre comme Jésus, quand ma vie, c’est celle de Jésus, c’est pas mal plus risqué, et même très risqué.
Parler comme personne n’a jamais parlé, c’est encore bien plus risqué. Parler comme personne n’a jamais parlé, ça veut dire mettre toutes nos énergies au service de la fraternité. C’est dangereux parce que ça fait disparaître la suprématie du moi qui veut passer en premier.
C’est encore plus dangereux quand toute notre vie s’oriente vers une vie ensemble en harmonie, une vie fraternelle entre différents peuples, différentes cultures et différentes religions.

 

« Vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde. »
Ces mots de Jésus viennent nous dire que la foi nous rend plus humains, miséricordieux et révolutionnaires d’une terre nouvelle.
Le pape François, lors de son voyage au Caire avait déclaré :
« La charité, c’est l’unique extrémisme acceptable pour les croyants. »
C’est le meilleur antidote contre toutes les rivalités, même les plus subtiles.

 

Dans un homélie de Pâques, le pape François disait :
« Sur cette terre de douleur, de tragédies, avec la foi dans le Christ ressuscité, nous trouvons un sens, au milieu de tant de catastrophes. Nous pouvons voir au-delà, et dire : regarde, il n’y pas de mur, il y a l’horizon, il y a la vie, il y a la joie
.»