03-décembre-2017

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 3 Décembre 2017 ( Marc 13, 33-37 )

THÈME DE L’AVENT : « Oser y Croire »

1er Dimanche de l’Avent : Veiller, c’est aussi agir

NOUVELLE ANNÉE LITURGIQUE « B »

Liturgie des Heures semaine : I

 

« VEILLEZ ! »
Ça revient trois fois dans l’Évangile!
« C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout », disait saint Paul aux Corinthiens.
« Reviens, à cause de tes serviteurs », priait Isaïe. Autant d’expressions qui nous font entrer dans ce temps d’espérance et d’attente qu’est le temps de l’Avent. Et qu’est-ce que nous attentons? La fête de Noël, bien sûr, qui arrive après une longue attente du Messie promis. Les dix jeunes filles de l’évangile attendaient le retour de l’époux dans la nuit. Comme elles, nous attendons surtout le retour de Jésus qui reviendra à la rencontre de ceux et celles qui l’attendent, à la fin des temps.

 

Le cardinal Newman disait :
« Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, d’attendre qu’il vienne, et de le voir tarder?
Savez-vous ce que c’est désirer que le temps passe, en attendant la venue de quelqu’un qui vous fait battre le cœur?
Savez-vous ce que c’est d’avoir un ami au loin, d’attendre de ses nouvelles, de vous demander, jour après jour, ce qu’il fait en ce moment, et s’il se porte bien… »
C’est ça le temps de l’’Avent, veiller dans l’attente d’un ami, dans l’attente du Christ.

 

Quand ça fait trop longtemps qu’on attend, qu’on est fatigué d’attendre, on risque de s’endormir, comme l’automobiliste qui s’endort au volant. Et comme lui, on risque de quitter la route, de nous éloigner de notre Dieu. Le temps de l’Avent est là pour réveiller notre attente, notre soif de Dieu, notre espérance, en nous invitant à être vigilants.

 

Le temps de l’Avent ne cesse de nous rappeler que Dieu lui-même s’est engagé envers nous. Dans ce sens-là, un homme d’Église disait :
« il ne faut pas dire que Jésus est venu, il y a 2000 ans, mais dire que Jésus est avec nous depuis 2000 ans. »
Tout un engagement de sa part, et un engagement actuel qui veut se poursuivre jusqu’à ce que l’humanité s’épanouisse totalement.

 

C’est vrai que le Bon Dieu ressemble à cet homme qui s’en va en voyage dans l’évangile; il semble bien absent, mais ça ne veut pas dire qu’il nous abandonne. Il faut bien se rappeler que, comme le maître de la petite parabole, il a confié ses biens à ses serviteurs avant de partir. Il nous laisse devant nos responsabilités de personnes libres et adultes, nos responsabilités dans notre communauté, dans notre travail, dans notre monde et dans l’Église. Vous avez remarqué ce que disait l’évangile : l’homme qui part en voyage « a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. » On peut voir Jésus ressuscité dans l’homme parti en voyage, Jésus ressuscité qui nous remet devant nos responsabilités.

 

J’ai commencé la célébration en disant « Jésus est déjà venu, il est là et il vient ». L’évangile insiste pour nous dire qu’il reviendra pendant la nuit :
« Il reviendra le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. »
C’est un petit peu curieux parce qu’au temps de Jésus, il n’était pas question de voyager pendant la nuit, les routes étaient bien trop dangereuses. La nuit, c’est un symbole qui signifie le temps des ténèbres. On peut penser à la nuit de Judas qui s’enfonce dans les ténèbres, à la nuit de la tentation et de l’épreuve pour Jésus au jardin des Oliviers, à la nuit de toutes ces misères de notre monde.

 

Veiller dans la nuit, c’est attendre dans les difficultés.
C’est garder l’espérance quand tout est noir,
c’est balbutier sa prière quand les vents sont contraires.
C’est recevoir de Dieu la grâce de rester debout quand tout paraît s’écrouler autour de nous.
Edmond Rostand, qui n’était pas un saint, a écrit ce petit mot extraordinaire : « C’est dans la nuit qu’il est bon de croire à la lumière. »
Un autre écrivain Bernanos disait : « C’est formidable comme mes idées changent quand je prie. »
C’est dans le silence, loin des tapages publicitaires que nous pourrons accueillir le Seigneur qui vient.

 

En ce début de l’année liturgique, nous nous tournons vers toi, Seigneur :
aide-nous à devenir les veilleurs de notre humanité.
C’est au cœur de notre vie de tous les jours que nous voulons t’accueillir.
Garde-nous éveillés pour ne pas manquer ce rendez-vous avec toi.