01-janvier-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

 HOMÉLIE : 1er Janvier 2018 – Sainte Marie, Mère de Dieu

50e Journée  Mondiale de la Paix

( Luc 2, 16-21 )

 

Il y a bien longtemps, dans un petit village, il y avait un atelier de charpentier. Un jour que le Maître était parti, les outils se réunirent en grand conseil. Réunion orageuse! Dans la communauté des outils, il fallait exclure quelques membres.

 

Un premier prit la parole et dit : « Il faut exclure notre sœur la scie, elle mord, grince des dents et a le caractère le plus grincheux du monde. »

 

Un deuxième ajouta : « On ne peut pas conserver parmi nous notre frère le rabot; il a un caractère tranchant qui épluche tout ce qu’il touche. »

 

« Quant au frère marteau, dit un autre, lui aussi, il faut l’exclure, je trouve qu’il a un caractère assommant. Tapageur, il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. »

 

« Et les clous? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère pointu? Qu’ils s’en aillent! Que la lime et la râpe s’en aillent aussi! À vivre avec elles, ce n’est que frottement perpétuel. Et qu’on chasse le papier abrasif, on dirait que sa seule raison d’être dans cet atelier est de toujours froisser! »

 

Ainsi jacassaient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait en même temps. L’histoire ne dit pas si c’était le marteau qui accusait la scie, le rabot et la lime, mais c’était probablement comme ça puisqu’à la fin de la réunion, tout le monde se trouvait exclu.

 

La réunion bruyante prit fin subitement quand le charpentier entra dans l’atelier. Un silence profond tomba quand on le vit s’approcher de l’établi. Il saisit une planche et la scia avec la scie qui grince, la rabota avec le frère rabot au ton tranchant. Le frère ciseau qui blesse cruellement, notre sœur la râpe au langage rude, le frère papier abrasif qui froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et le marteau qui cogne et fait du tapage. Il se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un joli berceau pour accueillir l’enfant qui venait de naître.

 

J’ai trouvé cette petite histoire en faisant une recherche sur la béatitude « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».
Je trouvais cette histoire appropriée en ce temps de l’année où les anges viennent de chanter
« Paix aux hommes de bonne volonté » et en cette 50e « Journée mondiale de la paix ».

 

Alors j’ai pensé à cette encyclique sur la paix que le pape Jean XXIII a écrite, deux mois avant de mourir, à un moment où notre monde vivait un profond désordre. Je revoyais encore le pape Paul VI, dans la grande salle des Nations Unies, déclarer par trois fois
« Plus jamais la guerre! » C’est lui qui a voulu que le premier jour de l’année soit « Journée mondiale de la Paix.
»
Le pape Jean-Paul II a écrit lui aussi une longue lettre sur la paix pour nous dire que la paix est fragile et que nous avons à la mettre au cœur de nos préoccupations. Dans son message adressé au monde aujourd’hui, le pape François dit :

« Je souhaite la paix à chaque homme, à chaque femme ainsi qu’à chaque enfant et je prie pour que l’image et la ressemblance de Dieu dans chaque personne nous permettent de nous reconnaître mutuellement comme des dons sacrés dotés d’une immense dignité. Surtout dans les situations de conflit, respectons cette « dignité la plus profonde » et faisons de la non-violence active notre style de vie. »

 

Aujourd’hui, nous fêtons Marie, la Mère de Dieu, la Mère du Prince de la paix. Elle a collaboré à la réconciliation, à la paix que son Fils est venu accomplir entre Dieu et les hommes. Le jour de la Pentecôte, elle a prié avec les Apôtres pour que vienne l’Esprit d’unité et de paix, d’amour et de joie. Le pape François dans son message nous rappelle que « Jésus aussi a vécu en des temps de violence. Il a enseigné que le vrai champ de bataille, sur lequel s’affrontent la violence et la paix, est le cœur de l’homme. »
Par l’intercession de Marie, prions Dieu de nous accorder un esprit de charité, les dons de l’unité et de la paix.

 

C’est en construisant un berceau pour l’Enfant à naître que les outils ont fait la paix. C’est en laissant le grand Charpentier construire une crèche dans notre cœur que nous pourrons prier pour la paix et nous engager à la construire.

Prions Jésus, le « Prince de la Paix », et Marie, la « Reine de la paix » de faire de nous des « artisans de paix »
au cœur même de notre monde.

 

Que la nouvelle année soit bonne et heureuse! Qu’elle soit pour chacun et chacune une année de PAIX.