Notice de S. St-Paul-de-la-Croix, sjm (Madeleine Brodeur)

«Seigneur, tu m’as semée et fait fleurir…
Voici je viens !
Prends-moi dans ton parterre céleste. » 

« Béni sois-tu, Seigneur, de m’avoir créée. »

Âme de louange, douce, aimable, compatissante, ainsi notre Dieu l’a créée. La petite Madeleine voit le jour le 13 mars 1933 à St-Césaire de Rouville, dans une nombreuse famille où les valeurs chrétiennes sont à l’honneur. Le papa, M. Laurent Brodeur, est un vaillant cultivateur. La maman, Dame Rose-Imelda Gaucher, en femme forte des Livres saints, a donné la vie à 14 enfants, dont quatre sont décédés en bas âge. Elle est prévoyante, dévouée, habile en toutes sortes de travaux. Les deux parents sont de grands priants et  tiennent à la prière en famille.

Madeleine, une 3e petite fille que l’on dit belle comme un cœur, est accueillie avec grande tendresse comme un don de Dieu. Dès le 15 mars, elle est introduite dans l’intimité Trinitaire et reçoit les beaux noms de Marie-Jeanne, MADELEINE. Elle est confirmée le 23 mai 1940, des mains de Mgr Arthur Douville. Quand a-t-elle reçu son Jésus-Hostie pour la première fois et quel secret d’amour s’est échangé ce jour-là? Cela demeurera entre elle et son Dieu.

 Dans ce chaud climat familial, Madeleine s’épanouit comme une fleur au soleil du printemps. Elle est de nature sensible, aimable, discrète, fiable, généreuse. La vie en famille est heureuse. Les petits voyages en voiture, les visites chez les grands-parents, etc., agrémentent le quotidien.

À 15 ans, c’est une grande joie pour elle de devenir marraine de Gérard, le cadet de la famille. Elle se plaît à lui offrir de jolis et utiles cadeaux. À l’école, elle est une élève studieuse, respectueuse et se maintient parmi les premières de sa classe. Parfois, elle a le plaisir de jouer de petites pièces de théâtre.

Madeleine aime cueillir des  fraises, garder les  enfants à domicile,

être employée à la Cannerie Girard, aide-ménagère, et autres…

Timide, aimant la solitude, toute jeune, lorsque ça frappait à la porte, la petite Madeleine disparaissait. Devenue une jolie demoiselle, elle attire l’attention de la gent masculine. Mais, son cœur n’est déjà plus libre. Jésus l’avait séduite et se l’était réservée.

Le 1er novembre 1953, avec la famille, elle vient rendre visite à sa cousine,  Madeleine Gaucher, devenue s. Marie-Bernard, chez les Servantes de Jésus-Marie. Et c’est le coup de foudre! Madeleine veut y demeurer tout de suite. Mais non, elle doit retourner chez elle, faire les préparatifs et attendre la date officielle d’entrée du 21 novembre.

Madeleine est âgée de 20 ans. Au jour prévu, elle fait son entrée au monastère sachant bien que son départ de la maison paternelle cause un grand vide dans le cœur des siens.       

L’adaptation à sa nouvelle vie se fait joyeusement et rapidement. Le 24 mai 1954, elle revêt l’habit des Servantes de Jésus-Marie et reçoit le nouveau nom de sœur St-Paul-de-la-Croix. Tendue de tout son être vers le but où Dieu l’appelle, elle s’initie au service eucharistique, tout en prenant part aux humbles travaux du monastère.

Le 24 mai 1956, elle émet temporairement les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance et, comme le cierge se consume devant le St-Sacrement, fait l’oblation d’elle-même à Jésus par Marie. Le 24 mai 1960, elle s’y engage pour toujours, à la suite du Bien-Aimé.

Notre sœur St-Paul-de-la-Croix, malgré une santé fragile, s’est dévouée à plusieurs offices, dont la cuisine, l’atelier des hosties, la confection des guimpes, responsable des servants d’autel, etc. Un compte rendu de sa mère-servante nous la présente :       
Voilà une habile et industrieuse ouvrière qui sait utiliser toutes ses minutes et tirer profit de tout. Inventive, méthodique, particulière dans tout ce qu’elle fait. Elle est ingénieuse et bien douée, sachant utiliser  ses  talents  pour  elle-même  et  pour les  autres. Pour  les


petits travaux délicats, elle a des doigts de fée. Fraternelle, elle aime à faire plaisir. Disons qu’elle a su fleurir, là où Dieu l’a plantée.

Toutes savent que les plantes sont devenues le passe-temps de ses temps libres, de même que le tricot en faveur des itinérants.

Par-dessus tout, sœur St-Paul est une petite sœur fervente qui peut cultiver plusieurs dévotions à la fois, pleine de zèle aussi pour les répandre, dont Trésors de prière dans la  divine Volonté. Âme apostolique et adoratrice, elle prend à cœur toutes les intentions qu’on lui confie. Elle s’implique avec ardeur dans nos réunions communautaires. Elle sait nous faire partager son enthousiasme et son don d’émerveillement.

Après plusieurs « transplantations » dans divers de nos monastères, s.St-Paul-de-la-Croix prend place à notre  infirmerie le 24 novembre 2003. Pas exigeante du tout, elle se contente de peu; elle se montre délicate et reconnaissante pour tout ce qu’elle reçoit. Elle reconnaît ses limites et les accepte humblement.

En novembre 2018, un comportement inhabituel attire l’attention du personnel soignant. Le 27 décembre, un examen médical révèle une tumeur au cerveau. Dès lors, sans connaître la cause exacte de ses malaises, notre sœur s’abandonne totalement entre les mains de Marie et se prépare avec joie et sérénité à la rencontre avec son divin Époux. C’est le 10 février 2019, vers 15h 15 que s’éteint le petit cierge de son oblation. Merci, chère sœur St-Paul-de-la-Croix,  pour votre beau témoignage de joie, de courage et de fidélité.  Nous vous disons avec amour, au revoir, au ciel !

La liturgie des funérailles est célébrée, le 15 février par notre Père Aumônier, Mgr Jean-Charles Dufour. Plusieurs membres de sa bien-aimée famille ont tenu à venir lui rendre un dernier hommage. 

Qu’elle repose dans la  paix du Christ!


 
« Je te chante Seigneur, en présence des Anges.» (Liturgie 10 février 2019)