Notice de S. Marie-Thérèse-des-Anges, sjm (Jeanne Maillé)

«C’est la Sagesse que j’ai aimé et recherchée dès ma jeunesse.»  (Sg 8,2)

« Quand on a la Sainte-Vierge,
c’est le plus beau cadeau qu’on puisse avoir.»
(Parole de notre Sœur) 

Marie-Thérèse-des-Anges fut prédestinée à une grande mission comme Servante de Jésus-Marie; admirons quelques fleurs de son jardin de vie.

Une nouvelle vie prend racine dans le foyer aimant et croyant de M. Camille Maillé et dame Béatrice Hogue, natifs de Montréal et Saint-Sauveur-des-Monts dans notre beau Québec.

C’est dans ce nid d’amour que plonge  notre petite Jeanne, le 20 octobre 1923; après Marguerite, l’aînée, suivront Gabrielle, Thérèse, Claire et  ses frères Gérard et Jean-Guy.

Elle évolue dans un climat tendre, joyeux et religieux. L’Église située à proximité devient sa deuxième maison. Enfant, Jeanne passe de longs moments en présence de Jésus-Hostie dans l’ostensoir, l’invoquant déjà comme son Bien-Aimé. Comme elle a dû le recevoir avec une ardeur enflammée pour la première fois, le 25 avril 1930.

Douée d’une intelligence précoce, elle  commence l’école dès l’âge de 5 ans. Très jeune encore, elle se délecte dans les lectures de la vie des saints. Elle est attentive à  toutes les occasions d’étancher sa soif de connaître. Jeanne héritera de sa maman le talent de musicienne.

Le 8 décembre 1937 demeurera bien vivant dans son cœur; enfin, elle devient « Enfant de Marie ». Sa petite enfance sera imprégnée d’affection profonde pour sa Mère du Ciel et pour les anges, grâce à l’exemple de sa chère maman.

Elle poursuit ses études chez les Sœurs de Ste-Croix et parvient au sommet de son parcours scolaire au High School, apprenant latin, science, histoire et autres. Elle laisse cet institut académique pour subvenir aux frais de scolarité de ses frères inscrits en cours classique.

Du 6 au 8 décembre 1945,  lors d’une retraite fermée, elle entend le sublime appel de Jésus à devenir son épouse dans une vie d’amour et de  silence.  À partir de ce jour,  elle se rend souvent prier chez les Sœurs Adoratrices du Précieux-Sang et songe à y entrer.  Causant avec une compagne de bureau, cette dernière lui confie sa préférence pour la prière devant le Saint-Sacrement chez les Servantes de Jésus-Marie.  Instantanément, notre Jeanne est saisie d’une joie débordante. L’Adoration perpétuelle, la prière pour les prêtres, dans une union intime avec Marie, voilà ce qui répond aux ardents désirs de son cœur.

Cet appel à suivre Jésus ne se fait pas sans de grands renoncements. Jeanne se retrouve face à un choix ultime : sacrifier une brillante carrière comme pianiste ou suivre généreusement l’appel pressant de Jésus.  La sagesse de son cœur perçoit que Jésus-Hostie est la musique incréée, une harmonie ineffable, dont toutes celles de la terre ne sont qu’un reflet.

Le 10 juin 1946, lundi de la Pentecôte, notre aspirante fait son entrée en notre Monastère.  Son intégration s’avère facile, paisible et joyeuse. Elle n’éprouve qu’amour et bonheur.  Elle a une soif ardente de s’identifier au Christ, d’être transformée en Lui, puisant dans la Parole de Dieu, l’étude de la Bible,  la nourriture dont son âme est affamée.

La prise d’habit est fixée au 10 décembre 1946. Elle reçoit le nom de Sœur Marie-Thérèse-des-Anges. Novice, elle s’emploie à la sacristie, à la roberie, à la confection des hosties.  Ce dernier travail est pour elle une source de contentement suprême; à la cuisson du pain d’autel, elle avoue avoir reçu les plus grandes grâces de sa vie, après son Baptême.

Le 10 décembre 1951, c’est l’émission de ses vœux perpétuels, où elle se livre tout entière à Jésus Prêtre et Hostie. Dès sa profession, elle met au profit de la Congrégation son merveilleux talent musical en initiant à l’orgue ses compagnes nommées organistes. Elle enrichit le chœur de sa belle voix; 31 ans, elle assume l’office de directrice du chant.

Pétrie de l’esprit SJM, aimant sa Congrégation avec passion, douée de talents exceptionnels, elle est choisie pour exercer la charge de directrice des junioristes.  Ses qualités de cœur, de fidélité, de respect de l’Autorité, sa facilité à communiquer son expérience spirituelle, sa piété mariale,  en font aussi une candidate recherchée pour la fonction de Mère-servante ou d’assistante de 1974 à 1995.

Sœur Marie-Thérèse-des-Anges est appréciée de toutes. Très fraternelle, elle participe pleinement à la vie communautaire, égayant ses sœurs par ses conversations cultivées et joyeuses, et son habileté dans la confection de magnifiques tricots. Son exquise sensibilité  lui est source de joies profondes, mais n’est pas sans provoquer à l’occasion quelques souffrances où le pardon fraternel trouve sa place. Douée de multiples talents, de la charité plein le cœur, Sœur Marie-Thérèse-des Anges, à son insu, peine à s’effacer; ce qui  parfois est occasion de conflits communautaires.

En 1965, elle est convoquée comme  déléguée au chapitre spécial, d’aggiornamento. Sœur Marie-Thérèse-des Anges possède à un haut degré le don de discernement. Personne de ressource, elle est une collaboratrice précieuse dans la rédaction de nos nouvelles constitutions.  Elle sera présente aux chapitres ultérieurs jusqu’en  2001.

Ses écrits abondent de reconnaissance et de tendresse. Dans sa foi profonde, elle perçoit l’action de Dieu et de Marie, et s’en émerveille sans cesse. En novembre 2019, sa santé déclinant, elle est accueillie à l’infirmerie. Notre Sœur y connaît le mystère de la Croix et y  répond par un généreux et constant souci de son oblation.

La ministre de la communion est très édifiée de l’accueil de Jésus-Hostie par notre Sœur lors de l’Eucharistie.  Elle reçoit son Bien-Aimé avec tant d’allégresse, qu’elle en est transfigurée.

La grande rencontre avec l’Époux approche. Jusqu’à la fin, elle est consciente, d’une mémoire sans faille,  reconnaissante pour les soins reçus. Calme, paisible, gardant la présence de Jésus et Marie jusqu’à l’avant-dernière journée de sa vie terrestre.  Étant très souffrante, une médication plus soutenue lui a été prodiguée afin de la soulager.  Elle est aspirée dans l’adoration éternelle de Dieu Trinité, le 21 août 2021, par un beau samedi ensoleillé.

Elle laisse le souvenir d’une rose épanouie qui a livré toute sa substance d’amour pour Jésus Prêtre et Hostie et sa chère communauté.

«Grâce à la Sagesse, j’aurai l’immortalité.»