Notice de S. Marie-Jeanne-du-Lys, sjm (Marie-Jeanne-David)
« Je veux que pour Jésus mon cœur soit pur comme un lys. »
(Image de S. Marie-Jeanne-du-Lys)
Au soir de ce beau samedi marial, 18 juillet 2020, à l’heure même où l’Église célèbre les Complies, le cœur de sœur Marie-Jeanne-du-Lys s’est approprié ce verset de l’hymne que nous fait chanter la liturgie : maintenant, ô, Maître souverain, Tu peux laisser ta servante s’en aller en paix ! Depuis quelques mois, nous pouvions voir que Marie préparait son enfant à la rencontre définitive avec la Sainte Trinité.
C’est dans la paroisse Notre-Dame-de-la-Salette que naît la petite Marie-Jeanne,
le 28 juillet 1929. Le jour même, elle est portée aux fonts baptismaux et reçoit les noms d’Alice, Marie-Jeanne. Elle est la huitième des douze enfants qui viendront ensoleiller le foyer de M. Josaphat David, un vaillant cultivateur, et de dame Agnès Lamoureux. Sept garçons et cinq filles forment la fratrie de ce foyer béni. Les parents sont de fervents chrétiens, heureux de transmettre leur foi et leur amour de Dieu à tous ceux qui les entourent. C’est le bonheur tout simple qui se vit au quotidien, au foyer des David. Le chant et la musique sont à l’honneur.
Il y a un temps pour la contemplation et un temps pour le travail. Marie-Jeanne s’émerveille des beautés de la nature. Mais, dans une famille nombreuse, on se forme aussi au travail. Elle raconte : notre maman, on y faisait attention! On ne voulait pas qu’elle fasse les gros travaux. Nous cultivions toujours un jardin; ma mère s’en occupait beaucoup. Le soir, nous autres, elle nous invitait à aller sarcler. Ça, c’était notre petit jardin familial.
L’Esprit comble Marie-Jeanne par l’effusion de ses dons dans le sacrement de confirmation, le 1er juin 1936 ; elle reçoit son Jésus-Hostie pour la première fois le lendemain, 2 juin. Toute sa vie, elle gardera un amour privilégié pour l’Eucharistie.
Marie-Jeanne a 9 ans. Les sœurs Grises (SCO) enseignent à sa paroisse le catéchisme et parlent si bien de l’Eucharistie que son cœur en est touché. Aussi, à la maison, on parle qu’il y a à Hull une communauté qui assure l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. Marie-Jeanne est intéressée et pense qu’elle aimerait bien y aller. Le jour et la nuit, aller prier tranquille devant Jésus-Hostie. Déjà l’appel du Bon Dieu commence à se faire sentir. C’est le beau secret qu’elle enferme dans son cœur pour de longs jours.
Bien douée, Marie-Jeanne a hâte de commencer l’école. Elle fréquente l’école primaire jusqu’à la 9e année. Et voilà que Marie-Jeanne est malade et doit prendre 2 ans de repos. Elle va ensuite enseigner aux enfants d’une famille qui demeure à plus de 3 milles de l’école. Elle s’y donne à plein cœur et réussit bien cette 1re année d’enseignement. Marie-Jeanne poursuit ensuite ses études à l’école normale St-Joseph de Hull. Ayant enseigné un an, elle demande à faire ses 10e et 11e années ensemble, ainsi qu’une bourse pour ses études, ce qui lui est accordée. Elle obtient son diplôme élémentaire. Elle est sérieuse, puis aime beaucoup l’étude. Elle nous dit : j’ai enseigné trois ans. Je voulais enseigner pour gagner ma vie, puis me préparer à répondre à l’appel du Seigneur.
À 21 ans, elle décide d’entrer chez les SJM et prend contact avec la Mère-servante générale. Elle en fait l’annonce à sa famille à peine quinze jours avant le grand départ, le 21 novembre 1950. C’est la surprise générale.
Sœur Marie-Jeanne suit avec grande ferveur toutes les étapes de la formation. Elle revêt la livrée des Servantes de Jésus-Marie le 24 mai suivant et prend le nom de sœur Marie-Jeanne-du-Lys. Elle prononce ses premiers vœux le 10 décembre 1953, et se consacre définitivement à Jésus le 10 décembre 1956. En 1958, elle écrit à la Mère-servante générale : « Je vous dois ma belle vocation SJM. Sans, doute, mes premières années de vie religieuse furent très pénibles; vous avez dû faire confiance à la grâce. Toute ma vie, je vous serai reconnaissante de ce grand bonheur. »
Sœur Marie-Jeanne-du-Lys a une vie spirituelle intense, elle est une généreuse et fervente adoratrice. Imprégnée de l’esprit marial et liturgique, elle trouve en nos bien-aimés Fondateurs le modèle et la nourriture dont elle a besoin.
Notre sœur est très douée en plusieurs domaines. Mystique à ses heures, artiste, poète, elle s’exprime facilement par la musique. Pendant 49 ans, elle remplit la fonction d’organiste. Elle est aussi disponible pour les autres tâches manuelles. Elle est une compagne joyeuse, agréable, serviable, elle nous réjouit par son humour.
Sœur Marie-Jeanne-du-Lys fut toujours disponible pour servir en l’un ou l’autre de nos monastères. Après un don d’elle-même constant, sa santé fléchit. En 2004, elle revient à la maison-mère et le 27 mai 2015 prend place à notre infirmerie. Cinq années lui sont encore données pour parfaire, sous le regard de Marie, sa parure nuptiale. Elle qui depuis sa tendre enfance tendait vers la sainteté semble avoir atteint son bel idéal en ce soir du 18 juillet 2020 où son Bien-aimé Jésus la cueille comme un beau lys pour son Paradis de gloire.
Les funérailles ont lieu le 24 juillet suivant. Plusieurs membres de sa bien-aimée famille, dont sa sœur Reina, y sont présents afin de lui rendre un dernier hommage. L’inhumation au Cimetière Notre-Dame suit immédiatement.
Au revoir au ciel, chère sœur Marie-Jeanne.
Seigneur, ouvre à notre sœur ta maison de lumière et de paix !

